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A Buenos Aires, des syndicats manifestent contre des réformes

Manifestations en Argentine: le nouveau président, Mauricio Macri au pouvoir depuis décembre, a lancé diverses réformes impopulaires. Parmi elles figurent notamment la suppression des subventions aux factures de gaz et d'électricité.

KEYSTONE/AP/AGUSTIN MARCARIAN

(sda-ats)

Durement frappés par l'inflation, les licenciements et une hausse de la pauvreté, des dizaines de milliers d'Argentins ont manifesté vendredi à Buenos Aires. Ils protestent contre la politique du gouvernement de centre-droit du président Mauricio Macri.

Le nouveau président, au pouvoir depuis décembre, a lancé diverses réformes impopulaires. Parmi elles figurent notamment la suppression des subventions aux factures de gaz et d'électricité.

La préoccupation principale des Argentins est la perte de pouvoir d'achat. L'inflation est d'environ 40% sur les douze derniers mois, nettement supérieure aux augmentations prévues par les accords dans les différents secteurs d'activité.

Les syndicats estiment que 200'000 emplois ont été perdus depuis le début de l'année et la pauvreté touche un tiers des 41 millions d'Argentins. "Le niveau de conflit social va continuer, tant que le gouvernement ne changera pas de politique économique", a assuré le patron du syndicat des fonctionnaires Pablo Micheli.

Appel

A l'appel de la Centrale des travailleurs argentins (CTA), enseignants, fonctionnaires et mouvements proche de l'ex-présidente Cristina Kirchner se sont réunis à Buenos Aires, après des rassemblements dans d'autres régions du pays.

La première centrale du pays, la CGT, n'appelait pas à manifester vendredi mais nombre de ses adhérents ont participé au mouvement de protestation. Le leader de la CTA Hugo Yasky espère convoquer une grève nationale avec l'ensemble des syndicats.

La 3e économie d'Amérique latine est entrée en récession après une décennie de croissance. Si pour l'année 2016 la croissance s'annonce négative, l'économie devrait reprendre de la vigueur en 2017, avec une croissance prévue de 3%.

"La récession se fait sentir. Les gens laissent la voiture pour circuler en autobus, on sort moins", observe Camilo Ríos, un fonctionnaire de 43 ans.

Gabriela Rojas, 39 ans et mère de huit enfants, gère 21 cantines populaires pour les familles défavorisées et se dit "inquiète par l'augmentation de la pauvreté". Depuis décembre le nombre de familles concernées est passé de 150 à 250.

Budget plombé

Le ministre argentin de la Production, Francisco Cabrera, a promis que le maintien de l'emploi était une priorité. Il a aussi expliqué que l'Argentine était "engagée dans un processus de transformation productive pour s'intégrer dans l'économie mondialisée, mais nous n'allons pas abandonner les secteurs industriel et productif".

Parmi les manifestants mobilisés vendredi, ils sont nombreux à regretter l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), généreuse en subventions. Une pratique qui a plombé le budget de l'Etat, qui accuse un déficit de 7%, générateur d'inflation.

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