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En s'en prenant à l'Iran, Donald Trump a sans doute réjoui les monarchies sunnites du Golfe - Arabie saoudite en tête - qui redoutent l'influence de leur grand rival chiite.

KEYSTONE/AP/EVAN VUCCI

(sda-ats)

Le président américain Donald Trump a appelé dimanche tous les pays à "isoler" l'Iran, accusé de soutenir le terrorisme. Il s'exprimait devant les représentants d'une cinquantaine de nations musulmanes. au deuxième jour d'une visite fructueuse en Arabie saoudite.

"Du Liban à l'Irak en passant par le Yémen, l'Iran finance, arme et entraîne des terroristes, des milices et d'autres groupes terroristes qui répandent la destruction et le chaos à travers la région", a déclaré M. Trump.

"En attendant que le régime iranien montre sa volonté d'être un partenaire pour la paix, toutes les nations (...) doivent travailler ensemble pour l'isoler", a-t-il ajouté. Il a accusé la République islamique d'attiser "les feux du conflit confessionnel et du terrorisme".

Ce discours très attendu a sans doute réjoui les monarchies sunnites du Golfe qui redoutent l'influence de leur grand rival chiite. Quelques minutes avant lui, son hôte, le roi Salmane d'Arabie saoudite, s'était aussi livré à une attaque en règle contre l'Iran, qu'il a qualifié de "fer de lance du terrorisme mondial".

"Amitié, espoir et amour"

Se disant porteur d'un message "d'amitié, d'espoir et d'amour" du peuple américain, M. Trump a ensuite souligné la symbolique de son déplacement - son premier à l'étranger en tant que président - "au coeur du monde musulman". Contraste saisissant avec sa rhétorique de campagne, le magnat de l'immobilier a longuement insisté sur le fait que ce combat n'est pas une bataille entre religions.

"C'est une bataille entre des criminels barbares qui essaient d'anéantir la vie humaine et des gens bien de toutes religions qui cherchent à la protéger", a-t-il lancé.

"C'est une bataille entre le bien et le mal", a ajouté celui qui a été accusé d'alimenter l'islamophobie. Au début de sa campagne, il avait proposé de fermer purement et simplement l'accès aux Etats-Unis aux musulmans.

Le président américain a aussi insisté sur la nécessité pour les Etats du Proche-Orient et du Golfe de jouer un rôle plus actif dans la lutte antiterroriste.

Contrats juteux

Le président américain a multiplié dimanche les rencontres avec des dirigeants de la région, dont ceux des monarchies du Golfe et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Samedi, après un accueil extrêmement chaleureux à Ryad, il avait consacré la journée aux affaires.

Les deux puissances alliées ont annoncé la signature de méga-contrats commerciaux, à hauteur totale de plus de 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d'armements à Ryad. L'agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines aussi divers que la défense, le pétrole et le transport aérien.

L'accueil royal réservé à M. Trump à Ryad contraste avec celui qu'avait connu Barack Obama l'an dernier. L'ambiance s'était révélée plutôt glaciale, l'ancien président ayant été critiqué pour avoir amorcé un début de rapprochement avec l'Iran.

M. Trump devait rejoindre lundi matin Israël, deuxième étape d'un voyage qui le mènera aussi dans les Territoires palestiniens, au Vatican, à Bruxelles et en Sicile pour les sommets de l'Otan et du G7.

ATS

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