Le vice-président américain Mike Pence et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu comptaient mettre la pression sur l'Iran lors d'une conférence sur le Moyen-Orient mercredi à Varsovie. Une soixantaine de pays participent à cette réunion de deux jours.

La conférence verra sans doute s'étaler au grand jour les divisions entre Washington et ses principaux alliés européens, à propos des appels du président américain Donald Trump à étrangler l'économie iranienne. Les puissances européennes n'ont envoyé à Varsovie que des représentants de rang inférieur, hormis le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt qui veut aborder la crise humanitaire au Yémen.

La réunion devait porter initialement sur "l'influence déstabilisatrice" de l'Iran au Moyen-Orient. Mais l'initiative américaine n'a pas déchaîné l'enthousiasme, conduisant Washington et Varsovie à élargir l'agenda à la stabilité au Moyen-Orient. Pour M. Netanyahu, l'Iran reste cependant le principal sujet.

M. Pence et le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, aux côtés du gouvernement polonais, devaient accueillir les participants lors d'un dîner au château royal de Varsovie. Le programme de la conférence restait en bonne partie flou, mais l'essentiel est attendu jeudi avec des interventions prévues de MM. Pence, Pompeo et Netanyahu ainsi que des groupes de travail.

Missiles israéliens

"C'est une coalition internationale bâtie pour assurer l'importante mission de réduire les risques venus du Moyen-Orient depuis bien trop longtemps", a déclaré M. Pompeo mardi soir à son arrivée en Pologne.

M. Netanyahu devrait se montrer déterminé à l'encontre de l'Iran, ennemi juré d'Israël. Mardi, à la veille de l'ouverture de la conférence, le Premier ministre israélien a vanté la portée des missiles de son pays, dans un nouvel avertissement à Téhéran.

Mais hormis Israël, les pays arabes rivaux de l'Iran et l'administration Trump, quasiment tous les autres pays soutiennent toujours l'accord sur le nucléaire conclu en 2015. Même la Pologne, avec son gouvernement conservateur soucieux de plaire à Washington, soutient ouvertement cet accord dont l'Iran respecte les termes selon les inspecteurs de l'ONU.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a pour sa part estimé mercredi à Téhéran que la conférence de Varsovie était "mort-née". "Il s'agit d'une nouvelle tentative des Etats-Unis pour continuer avec leur obsession de l'Iran qui est infondée", a-t-il ajouté en conférence de presse.

Isolement américain

"L'Union européenne et les Etats-Unis perçoivent les mêmes menaces au Moyen-Orient. Nous différons parfois sur la manière de résoudre ces crises", a déclaré mardi le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz lors d'une conférence de presse.

"L'UE n'a pas suffisamment de poids politique pour réellement tenter d'influencer la situation au Moyen-Orient", a encore estimé M. Czaputowicz. Et d'ajouter que tous "les pays démocratiques" devaient se joindre pour résoudre les questions pendantes de longue date dans cette région.

Pour Ned Price, ancien conseiller de M. Obama et ex-porte-parole du Conseil de sécurité nationale, la conférence de Varsovie ne servira qu'à démontrer l'isolement de l'administration Trump alors que les alliés européens ne veulent pas vraiment participer à "un rassemblement anti-Iran".

Rencontre sur la Syrie à Sotchi

La Russie, qui a refusé de participer à la conférence, organise pour sa part une rencontre sur la Syrie, d'où M. Trump prévoit de retirer les soldats américains, jeudi à Sotchi. Vladimir Poutine y rencontrera ses homologues iranien Hassan Rohani et turc Recep Tayyip Erdogan. La Turquie, pourtant membre de l'OTAN, a indiqué qu'elle n'enverrait que des membres de son ambassade à la conférence de Varsovie.

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