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Si plus d'un électeur sur deux n'a pas daigné aller voter en Irak, beaucoup de ceux qui se sont rendus dans les bureaux de vote ont affiché leur désir de changement pour remettre sur pied un pays en lambeaux après trois ans de guerre contre l'EI.

KEYSTONE/AP/HADI MIZBAN

(sda-ats)

Les Irakiens ont infligé samedi un véritable désaveu à leur classe politique qu'ils jugent corrompue. Ils ont boudé les premières législatives organisées depuis la victoire sur le groupe Etat islamique (EI).

Ce scrutin doit permettre de décider si le Premier ministre Haider al-Abadi, parvenu en 2014 à son poste en vertu d'un accord tacite entre les Etats-Unis et l'Iran, restera aux manettes. Mais seuls 44,52% des 25,5 millions d'inscrits se sont rendus aux urnes.

La participation n'a été importante que dans la région autonome du Kurdistan et dans celle de Mossoul, l'ancienne "capitale" de l'EI dans le nord. Les premiers résultats devraient être connus dans les deux jours.

Si plus d'un électeur sur deux n'a pas daigné aller voter, beaucoup de ceux qui se sont rendus dans les bureaux de vote ont affiché leur désir de changement pour remettre sur pied un pays en lambeaux après trois ans de guerre contre l'EI.

Chasser "les requins"

Quelle que soit leur confession ou leur province, ils affirmaient voter pour chasser les "requins de la corruption" et vouloir de "nouvelles têtes" parmi les 329 députés du futur Parlement. Car la principale tâche de celui-ci sera de superviser la reconstruction de l'Irak.

L'Irak a obtenu en février dernier 30 milliards de dollars d'engagements internationaux pour cet objectif, mais les Irakiens craignent que cet argent ne finisse dans les poches des politiciens. Cette méfiance était visible: par comparaison avec le premier scrutin de 2005, où 79% des inscrits s'étaient rendus aux urnes, celui de 2010, auquel 62,4% avaient participé, et 60% en 2014.

Chiites dispersés

Si la plupart des dirigeants ont voté dans la "zone verte", secteur ultra protégé de la capitale où ils résident, le premier ministre s'est fait un point d'honneur de voter à Karrada, son quartier.

Pour la première fois, les partis chiites se présentent en rangs dispersés en raison d'une lutte pour le pouvoir entre les hommes forts de cette communauté, majoritaire. Face à M. Abadi, se trouve sur les rangs son prédécesseur Nouri al-Maliki qui n'a pas digéré d'avoir été écarté en 2014.

Mais aussi Hadi al-Ameri, un proche de l'Iran qui a même combattu sous son drapeau dans la guerre avec l'Irak (1980-1988). Ce dernier est à la tête d'une liste regroupant les anciens du Hachd al-Chaabi, ces supplétifs cruciaux pour chasser l'EI.

Figurent aussi les listes des représentants de deux lignées de hauts dignitaires religieux: celle d'Ammar al-Hakim et celle du leader populiste Moqtada Sadr, qui a conclu une alliance avec les communistes.

Rassemblement

La parcellisation des chiites ne devrait toutefois pas changer l'équilibre des forces entre communautés, dans un système calibré pour qu'aucune formation ne soit en position dominante afin d'éviter le retour à la dictature.

C'est au moment de la formation du gouvernement que l'Iran, avec les forces qui lui sont acquises, et les Etats-Unis, qui ont joué un rôle déterminant dans la lutte contre l'EI, devraient manoeuvrer pour empêcher que l'Irak ne tombe dans le camp de l'autre. Dès samedi, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a plaidé pour un "gouvernement de rassemblement" avec lequel son pays est "prêt à coopérer (...) en continuant à bâtir une relation à long terme de coopération et d'amitié.

Un seul "incident"

Autre nouveauté : les Kurdes risquent de perdre au moins dix sièges sur les 62 de la législature précédente et leur statut de faiseurs de rois. En rétorsion au référendum d'indépendance de septembre, Bagdad leur a repris les zones disputées dont la province pétrolière de Kirkouk. Les dirigeants kurdes ont ainsi appelé à l'unité, sans laquelle "nous n'aboutirons à rien", a prévenu le Premier ministre du Kurdistan Netchirvan Barzani.

Enfin, la minorité sunnite, qui a dominé l'Irak jusqu'à la chute de Saddam Hussein il y a 15 ans, devrait rester marginalisée.

Contrairement aux trois scrutins organisés depuis l'invasion américaine en 2003, cette campagne électorale n'a pas été accompagnée de violences malgré les menaces des jihadistes, très affaiblis.

Seul incident signalé, dans la province de Diyala, à l'est de Bagdad, un policier a été tué et cinq autres blessés par des obus près d'un bureau de vote, a dit à l'AFP un haut responsable militaire.

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ATS