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L'affaire Grégory, jamais élucidée depuis la découverte du garçon de quatre ans, pieds et poings liés dans les eaux de la Vologne, le 16 octobre 1984, reste l'une des plus grandes énigmes de l'histoire criminelle française (archives).

KEYSTONE/AP/MICHEL LIPCHITZ

(sda-ats)

Murielle Bolle, témoin clé dans l'affaire Grégory en France, était entendue mercredi en garde à vue pour "des faits de complicité d'assassinat", a déclaré son avocat, Me Jean-Paul Teissonniere. Elle avait déclaré en 1984 avoir assisté à l'enlèvement de l'enfant.

Mme Bolle, 48 ans, interpellée dans la matinée à son domicile dans les Vosges, est entendue "essentiellement pour complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime. Je crois qu'il y a non-assistance à personne en danger (...), qualifications qui sont à la périphérie immédiate de ce qui s'est passé" le 16 octobre 1984, jour de la mort de Grégory, 4 ans, découvert dans la Vologne, a précisé l'avocat.

Les gendarmes sont venus chercher cette femme de 48 ans en fin de matinée à son domicile de Granges-sur-Vologne (Vosges). Belle-soeur de Bernard Laroche, premier suspect tué en 1985 par le père de l'enfant, elle a été conduite à l'escadron de gendarmerie mobile de Saint-Etienne-lès-Remiremont, pour poursuivre une garde à vue entamée il y a plus de 32 ans.

Rétractation

Interrogée deux semaines plus tard, après avoir donné une première version, elle affirmait avoir été en voiture avec Bernard Laroche le jour du meurtre et que celui-ci était passé chercher Grégory, âgé de 4 ans, chez ses parents. Précisant être restée dans le véhicule pendant qu'il déposait le garçon chez un ami de la famille, pensait-elle.

Des propos répétés deux jours plus tard devant le juge d'instruction, Jean-Michel Lambert, qui inculpait sans attendre Bernard Laroche, cousin du père de Grégory, pour assassinat. Mais après une nuit en famille, Murielle Bolle se rétractait le lendemain, expliquant que les gendarmes l'avaient menacée de l'envoyer en maison de correction et de l'inculper pour complicité afin d'obtenir ses aveux.

Ce dossier hors norme a rebondi le 14 juin avec l'interpellation du grand-oncle et de la grand-tante de Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob, jamais inquiétés jusqu'alors. Mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, écroués puis libérés sous contrôle judiciaire, les deux septuagénaires résident depuis séparément, à des adresses secrètes, restant au coeur des soupçons.

"Acte collectif"

Avec eux, qui étaient proches de Bernard Laroche, les enquêteurs pensent avoir mis la main sur les "corbeaux" de l'affaire grâce à une nouvelle expertise graphologique attribuant à Jacqueline Jacob un courrier de 1983. Mais ils vont plus loin en faisant un lien avec la lettre anonyme qui avait revendiqué l'assassinat, postée avant la découverte du corps. Et donc avec le crime lui-même.

En ré-interrogeant Murielle Bolle, les enquêteurs tentent de reconstituer ce que l'accusation considère comme un "acte collectif". L'affaire a notamment été relancée grâce au logiciel d'analyse criminelle Anacrim, qui a permis de repasser au peigne fin les 12'000 pièces du dossier et de mettre en évidence de nouvelles incohérences.

ATS