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Plus de 126 millions d'utilisateurs de Facebook ont reçu des contenus sponsorisés par des comptes activés de la Russie lors de l'élection présidentielle américaine de 2016 (archives).

KEYSTONE/AP/MATT ROURKE

(sda-ats)

Les tentatives de manipulation politique par la Russie via les réseaux sociaux pendant la présidentielle américaine ont été beaucoup plus vastes qu'initialement estimées, ont indiqué lundi plusieurs sources. Elles auraient touché des dizaines de millions de personnes.

Facebook, Twitter et Google sont dans la ligne de mire du congrès américain, qui enquête sur une possible ingérence russe dans la campagne qui a mené à la victoire de Donald Trump et qui considère que les réseaux sociaux ont servi de plates-formes pour de la propagande venue de Russie.

Plusieurs commissions parlementaires doivent auditionner des représentants de ces trois entreprises mardi et mercredi.

Facebook a indiqué le 2 octobre qu'environ "10 millions de personnes aux Etats-Unis" avaient visionné des contenus sponsorisés ("ads") financés par près de 500 comptes activés depuis la Russie et qui avaient pu servir à manipuler l'opinion, principalement en attisant les clivages idéologiques au sein de la société américaine.

Selon Facebook, ces contenus étaient financés par une entité russe appelée "Internet Research Agency" et destinée à diffuser automatiquement des contenus sur les réseaux sociaux via de faux comptes d'utilisateurs.

Google et YouTube

Mais le groupe a relevé que cet organisme avait également diffusé des contenus non payants - des "posts" traditionnels - qui, eux, ont atteint un nombre beaucoup plus important d'utilisateurs, selon le témoignage préparé par Facebook en vue de ses auditions cette semaine par les parlementaires américains, et cité par le Wall Street Journal et le Washington Post lundi.

Selon ce document, entre 2015 et 2017, l'"Internet Research Agency" a publié 80'000 fois sur le réseau et 29 millions d'utilisateurs ont reçu ces publications sur leur fil d'actualités, portant ce chiffre à 126 millions en tenant compte des partages, des commentaires et des mentions "j'aime" dont ces "posts " ont fait l'objet.

Sur son blog officiel, Google a reconnu lundi, pour la première fois officiellement, avoir également trouvé des contenus du même genre.

"Nous avons trouvé des preuves de tentatives de détournement de nos plates-formes pendant l'élection américaine de 2016 par des acteurs liés à l'Internet Research Agency en Russie", a écrit Google, qui parle "d'activité limitée" sur le moteur de recherche et sa plate-forme vidéo YouTube.

Selon une source proche du dossier, Twitter a pour sa part identifié 36'746 comptes apparemment liés à un compte russe et ayant "généré de façon automatisée des contenus liés à l'élection" dans les trois mois qui ont précédé le scrutin. Ceux-ci ont diffusé environ 1,4 million de tweets liés à l'élection, qui ont produit 288 millions d'interactions sur le réseau.

Moscou a démenti plusieurs fois avoir interféré dans la campagne américaine.

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ATS