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Afghanistan: Genève va préparer le terrain après une future paix

Le président afghan Ashraf Ghani veut que son pays s'inspire de la formation duale suisse pour étendre les compétences dans le secteur privé.

KEYSTONE/AP/MASSOUD HOSSAINI

(sda-ats)

La conférence sur l'Afghanistan à Genève doit préparer le terrain économique après une future paix. Mardi, le président Ashraf Ghani a fait de la formation duale suisse une inspiration. Côté politique, Washington assure ne pas vouloir se substituer au gouvernement.

Officiellement, la réunion de Genève doit doit permettre d'évaluer les avancées sur les réformes en Afghanistan, deux ans après la réunion des donateurs de Bruxelles où 15 milliards de dollars avaient été promis. La prochaine conférence de financement est attendue dans deux ans.

Mais l'UE est arrivée à Genève avec des accords de 474 millions d'euros (environ 535 millions de francs au total) d'assistance à ce pays. Cette enveloppe sera utilisée pour les finances afghanes mais aussi la santé, la justice, les élections et les migrations.

Alors que la réunion est axée sur le développement et les réformes, le lien politique est proche. La délégation américaine, emmenée par le secrétaire d'Etat adjoint aux affaires politiques David Hale, a affiché dès mardi ses attentes.

Elle souhaite que Genève accouche d'un "plan d'action économique" qui pourra rendre une solution politique durable, a dit devant la presse la sous-secrétaire d'Etat adjointe pour l'Asie centrale, Alice Wells. "Cela ne signifie pas qu'un accord de paix est imminent", a-t-elle ajouté. D'autant plus que les violences sont importantes et que davantage de civils ont été tués cette année en Afghanistan qu'au Yémen.

Etats-Unis flous pour les talibans

Washington ne confirme toujours pas que son émissaire a rencontré ces derniers jours les talibans comme ceux-ci l'affirment. A trois reprises, Mme Wells s'est contentée d'affirmer que les Etats-Unis discutent avec "toutes les parties concernées".

Ce dialogue bilatéral présumé a été largement ciblé comme une délégitimation du gouvernement afghan. Après une rencontre entre M. Ghani et M. Hale mardi, l'ambassadeur américain à Kaboul John Bass a assuré que Washington ne chercherait pas à courcircuiter les autorités. "Aucun gouvernement ne peut se substituer" aux Afghans.

Une opinion partagée par l'ONU qui voit de "nouvelles opportunités de paix" après l'offre de M. Ghani en février de pourparlers sans conditions aux talibans, suivie d'importantes déclarations. Le représentant spécial adjoint des Nations Unies en Afghanistan Toby Lanzer a assuré que celle-ci assisterait "le moment venu" un processus "mené par les Afghans". Aucun taliban n'est à Genève.

Sécurité peu abordée par le gouvernement

Après les discussions techniques de mardi, d'intenses réunions parallèles devraient avoir lieu mercredi en marge des déclarations sur l'avancée des réformes. Lors de la première journée, le gouvernement afghan aura peu abordé la question de la sécurité.

Seul le chef de l'exécutif Abdullah Abdullah, équivalent au Premier ministre, a mentionné "les défis sérieux" qui empêchent encore le retour de six millions de réfugiés. Même si des centaines de milliers de personnes sont rentrées d'Iran.

M. Ghani, lui, a dit vouloir s'inspirer de la situation suisse pour renforcer le secteur privé. "Si nous ne nous dirigeons pas vers une formation duale comme en Suisse", "nous ne développerons pas les compétences adaptées", a-t-il dit. Des dizaines de milliers de personnes doivent être encadrées face à un chômage qui atteint plus de 40%.

Cassis attendu

Le président afghan a surtout insisté sur l'importance d'étendre les filières économiques pour augmenter la prospérité et émanciper les femmes afghanes. "Nous sommes ouverts aux affaires, j'espère que vous êtes ouverts à des partenariats", dit-il.

Mercredi, des dizaines de ministres se retrouveront autour de M. Ghani. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis ouvrira cette partie ministérielle, avant une réunion bilatérale avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Les chefs de la diplomatie européenne Federica Mogherini, allemande Heiko Maas, turque Mevlut Cavusoglu et iranienne Mohammad Javad Zarif sont notamment attendus. Tous se réunissent alors que le pays est confronté depuis deux ans à une sécheresse qui a affecté des millions de personnes.

Mardi, l'ONU a estimé à 161 les personnes d'un mois à seize ans mariées ou vendues en quelques mois en raison de cette situation. De son côté, M. Abdullah a salué un record de financement de l'assistance humanitaire à son pays. Environ 80% du montant requis a été versé.

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