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Le président sud-africain Jacob Zuma est confronté à différents scandales dont il a jusqu'à présent réussi à se tirer (archives).

KEYSTONE/AP/THEMBA HADEBE

(sda-ats)

La justice sud-africaine a confirmé vendredi que le président Jacob Zuma pouvait être poursuivi pour corruption dans un dossier relatif à des ventes d'armes ouvert contre lui il y a une dizaine d'années. Ces poursuites avaient été abandonnées en 2009.

Dans un jugement lu à l'audience par le juge Eric Leach, la Cour suprême d'appel de Bloemfontein (centre) a rejeté un appel du chef de l'Etat contre la décision de relancer contre lui 783 inculpations de corruption, fraude fiscale et extorsion de fonds. Le parquet général sud-africain doit désormais décider de relancer ou non le dossier et, éventuellement, de renvoyer Jacob Zuma devant un tribunal.

"Victoire pour la justice"

A la pointe du combat contre le chef de l'Etat, le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), a salué une "victoire pour la justice, pour l'Etat de droit et pour l'Afrique du Sud".

"La loi s'applique à tous, quel que soit son statut", s'est félicité le chef de la DA, Mmusi Maimane, devant la presse. "Si le président est innocent comme il le clame, il doit laisser un tribunal en juger", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat "doit se résoudre à affronter son destin", a lancé en écho le président du Mouvement démocratique uni (UDM, opposition), Bantu Holomisa.

La présidence s'est pour sa part réjouie dans un communiqué que M. Zuma puisse désormais "présenter ses arguments" au parquet afin qu'il rende "une décision fondée". L'actuel chef de l'Etat est accusé d'avoir touché, alors qu'il était vice-président, des pots-de-vin pour un contrat d'armement de 4,2 milliards d'euros signé en 1999 par l'Afrique du Sud avec plusieurs entreprises européennes, dont la française Thales.

Il avait alors été formellement inculpé. Ces poursuites avaient pourtant été abandonnées en 2009 au motif qu'elles avaient été, selon le parquet général, motivées politiquement. M. Zuma était alors engagé dans une furieuse bataille politique avec le président de l'époque, Thabo Mbeki. Cette décision avait permis à Jacob Zuma de se présenter à l'élection présidentielle de 2009.

Abandon des poursuites "irrationnel"

Depuis 2009, la DA essaie d'obtenir la réouverture du dossier. Il a enfin obtenu satisfaction en 2016, lorsqu'un tribunal de Pretoria a jugé "irrationnel" l'abandon des poursuites engagées contre M. Zuma.

Le parquet général et le président ont fait appel de cette décision. "Les appels sont rejetés", a estimé vendredi la Cour suprême d'appel dans son jugement. "Les raisons avancées pour interrompre les poursuites (...) ne résistent pas à l'examen", a justifié le juge Leach dans ses conclusions.

M. Zuma doit quitter le pouvoir en 2019 à l'issue de son deuxième et dernier mandat présidentiel. Il est englué depuis des mois dans une série de scandales politico-financiers. Jusqu'à présent, M. Zuma a toujours réussi à passer au travers des mailles de la justice. A une exception près. L'an dernier, il a été contraint de rembourser une partie des travaux de "sécurité" financés par l'Etat dans sa résidence privée.

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ATS