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Les cinq salariés d'Air France poursuivis pour violences en marge du Comité central d'entreprise (CCE) de lundi passé sont mis à pied à titre conservatoire. Et cela dès jeudi, a indiqué une source syndicale.

Les cinq hommes, qui doivent être jugés le 2 décembre pour violences aggravées, ont reçu mercredi un courrier les informant de leur mise à pied, a précisé la source. Ils avaient été déférés devant le parquet de Bobigny mardi.

Mesure provisoire

La mise à pied à titre conservatoire est une mesure provisoire. Elle permet à un employeur d'écarter un salarié dans l'attente d'une sanction pouvant aller jusqu'au licenciement.

Âgés de 35 à 48 ans, quatre sont employés de la branche cargo Air France et un d'Air France Industries. Certains ont un mandat syndical à la CGT, selon une source proche du dossier.

La CGT d'Air France a estimé qu'"après avoir criminalisé la souffrance des salariés, la direction enfonce le clou en s'attaquant aux revenus et à l'emploi des employés". "Ceci est inadmissible et non propice à la reprise d'un dialogue social apaisé", a ajouté la CGT en réitérant sa demande d'un "retrait des poursuites et des sanctions".

Ces cinq salariés avaient été déférés devant le parquet de Bobigny mardi après une trentaine d'heures de garde à vue. Leurs interpellations, lundi au petit matin, ont suscité une salve d'indignations dans les rangs de la gauche et des syndicats.

Ils sont soupçonnés d'avoir eu un rôle actif dans les incidents de lundi passé, en marge du CCE consacré à l'annonce d'un nouveau plan de restructuration menaçant 2900 emplois. Deux dirigeants d'Air France avaient alors été molestés et obligés de s'enfuir, leurs chemises déchirées, en escaladant des grilles.

Quatorze plaintes déposées

Selon le parquet, quatorze plaintes ont été déposées après ces violences. Neuf émanent de vigiles et cinq de cadres de l'entreprise.

Les cinq salariés seront jugés le 2 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour des faits de violence en réunion ayant entraîné une incapacité temporaire de travail n'excédant pas huit jours. Ce délit est passible de trois ans d'emprisonnement et de 45'000 euros (48'935 francs) d'amende.

Une enquête interne à la compagnie avait permis d'identifier une dizaine de salariés comme impliqués dans ces violences. De premières notifications de sanctions devaient être envoyées en ce début de semaine, selon une source proche du dossier.

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ATS