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Le glissement de terrain, sur la rive gauche du glacier d'Aletsch, est constamment en observation.

KEYSTONE/DOMINIC STEINMANN

(sda-ats)

A Moosfluh (VS), sur la rive gauche du glacier d'Aletsch, toute une pente est en mouvement. Depuis l'automne dernier, le glissement s'est stabilisé. L'utilisation des chemins pédestres reste néanmoins strictement interdite.

Sur la crête de Moosfluh, les mouvements sont actuellement inférieurs à un demi-centimètre par jour. C'est deux fois plus lent qu'en mai 2017 et quarante fois plus lent qu'en octobre 2016.

"Il y a une forte diminution de la crise par rapport à l'automne dernier. Je pense qu'on est parti pour une bonne stabilisation pour plusieurs années, même si l'on ne peut exclure une réactivation l'an prochain par exemple, au printemps ou à l'automne", a déclaré mercredi à ats-vidéo le géologue cantonal valaisan Raphaël Mayoraz, à l'occasion d'un bilan de la situation sur le terrain.

Facteur risque élevé

Si la partie supérieure du glissement se stabilise progressivement, il en va différemment de la base du secteur, entre le plateau de Kalkofen et le glacier d'Aletsch. Là, les experts mesurent des vitesses supérieures à 20 centimètres par jour, qui restent toutefois inférieures aux 70 centimètres par jour mesurés en octobre 2016.

Sur l'ensemble de la zone, "le facteur risque reste élevé". L'utilisation des sentiers pédestres y est toujours "strictement interdite" et il est impératif de ne pas franchir les barrières mises en place, souligne l'Etat du Valais dans un communiqué.

Laboratoire à ciel ouvert

Le géologue Hugo Raetzo, rencontré par l'ats en juillet dernier, estime la masse en mouvement à environ 150 millions de mètres cubes. C'est cinq fois plus que l'écroulement de Randa (VS) ou celui de Derborence (VS).

Les scientifiques pensent que toute la paroi va s'effondrer, mais par petits morceaux. La fonte du glacier d'Aletsch - le plus grand des Alpes - en est la cause: la glace agit comme un arc-boutant contre la paroi rocheuse, sa disparition affaiblit progressivement le support, entraînant peu à peu la roche vers le bas.

Le glissement de terrain, véritable laboratoire à ciel ouvert, est surveillé et observé sous toutes les coutures par de nombreux scientifiques, surtout depuis que les mouvements de terrain se sont accélérés, en 2016. Depuis l'été dernier, douze géophones (capteurs de vibration sismiques) permettent de mesurer les vibrations du sol et de comprendre ce qui se passe à l'intérieur de la masse en mouvement.

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ATS