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Alkopharma a mis en danger la santé des patients

Alkopharma a mis en danger la santé des patients en commercialisant des anticancéreux périmés, estime Swissmedic qui argumente ainsi son recours contre un jugement de 2016 condamnant les responsables de l'entreprises à des peines pécuniaires (photo symbolique).

KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS

(sda-ats)

La vente de médicaments périmés contre le cancer par Alkopharma a mis la santé des patients en danger. Swissmedic motive avec cet argument son recours contre le jugement de première instance rendu en 2016 en Valais.

"Nous estimons qu'il s'agit ici d'une mise en danger concrète. Mais la question est complexe", déclare Olivier Flechtner, enquêteur chez Swissmedic, dans une interview parue mardi dans 24 Heures et La Tribune de Genève. Le tribunal de Martigny (VS) n'a pas retenu la mise en danger des patients dans son jugement de 2016 condamnant les responsables de l'entreprise à des peines pécuniaires pour avoir commercialisé des anticancéreux périmés.

Le traitement avec le médicament incriminé peut se faire de deux manières, explique M. Flechtner. L'une d'elle, plus ancienne, consiste à administrer une dose de produit selon la masse corporelle. Les flacons périmés auraient alors provoqué un sous-dosage et donc réduit l'effet sur la tumeur.

Avec la deuxième méthode, plus récente, le médicament est administré "jusqu'à la limite de tolérance du patient en termes d'effets secondaires", dit M. Flechtner. Lors de la première prise, le sous-dosage n'aura pas de conséquence. Mais si le lot a changé à la deuxième administration et que le produit est dosé correctement, "l'augmentation inattendue du principe actif peut avoir des conséquences en représenter une mise en danger de la santé du patient".

Jugement trop clément

L'établissement des faits est un autre grief soulevé par Swissmedic contre le jugement. "Notre enquête montre que dix lots de Thiotépa ont été falsifiés, mais le juge n'en a retenu que trois", précise Matthias Stacchetti, chef de la division pénale de Swissmedic, dans la même interview.

"Le tribunal a nié la responsabilité du directeur de l'entreprise", relève encore M. Stacchetti. Il précise qu'en "droit pénal administratif, il existe une disposition permettant d'incriminer un dirigeant au même titre que son employé s'il n'a pas tout fait pour empêcher ce dernier de commettre des infractions".

En Suisse, 27 patients au moins se sont vu administrer le médicament incriminé. L'entreprise, qui a fait faillite en 2013, a écoulé une centaine de milliers de flacons périmés entre 2007 et 2011, essentiellement en France. Environ 2000 doses ont été commercialisées en Suisse.

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