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La justice italienne a condamné lundi les industriels suisse Stephan Schmidheiny et belge Jean-Louis de Cartier à seize ans de prison dans le procès de l'amiante. Le procureur et les familles des victimes ont salué une décision "historique". Les accusés feront recours.

Le milliardaire suisse, âgé de 65 ans, et le baron belge, 91 ans, ont été condamnés par le tribunal de Turin pour "catastrophe environnementale intentionnelle" et "omission volontaire des mesures anticatastrophe". Les deux hommes, qui ne se sont jamais présentés aux audiences, étaient également absents lundi.

Cette décision porte sur les deux usines du groupe Eternit S.p.a. Gênes de Casale Monferrato et Cavagnolo (Piémont), mais pas sur celles de Rubiera (Emilie Romagne) et Bagnoli (Campanie), les faits étant jugés prescrits.

Millions à payer

La cour a également condamné les deux accusés à payer les frais de justice et à verser d'importants dédommagements aux quelque 4500 parties civiles. Les deux hommes devront ainsi verser 25 millions d'euros à la commune de Casale Monferrato, 20 millions à la région Piémont et 15 millions à l'Inail, l'équivalent transalpin de la SUVA.

M. de Cartier devra encore payer quatre millions d'euros à la commune de Cavagnolo. Les victimes ou leurs proches recevront quant à eux des dédommagements compris entre 30'000 et 35'000 euros.

Près de 3000 morts

Selon l'accusation, l'amiante a fait près de 3000 morts dans les usines du groupe et les villages environnants. Le bilan continue de s'alourdir. Les personnes exposées à l'amiante peuvent tomber malades plusieurs décennies plus tard.

"Nous étions trente dans mon équipe, nous ne sommes plus que deux en vie. Nous avons enterré le dernier il y a dix jours", a affirmé un homme d'une soixantaine d'années, ancien employé de l'usine de Casale Monferrato.

Matériau miracle qui a tourné au cauchemar, l'amiante a été utilisée massivement en particulier dans le secteur de la construction en raison notamment de sa résistance à la chaleur et au feu, avant son interdiction.

ATS