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Actuellement, le droit égyptien ne pénalise pas l'homosexualité en tant que telle. Mais en octobre, plusieurs députés ont proposé un texte prévoyant des peines de prison pour les personnes de même sexe ayant eu des relations sexuelles, dans les lieux publics comme privés (image symbolique).

KEYSTONE/AP/MARK THIESSEN

(sda-ats)

Le projet de loi criminalisant l'homosexualité en Egypte est "profondément discriminatoire". Il constitue "un revers pour les droits de l'Homme", a affirmé jeudi Amnesty International dans un communiqué.

Actuellement, le droit égyptien ne pénalise pas l'homosexualité en tant que telle. Les tribunaux utilisent toutefois les incriminations de "débauche" ou de "prostitution" pour condamner les homosexuels.

En octobre, plusieurs députés égyptiens ont proposé un texte prévoyant des peines de prison pour les personnes de même sexe ayant eu des relations sexuelles, dans les lieux publics comme privés. Les peines vont d'un an d'emprisonnement à trois, selon le projet de loi. Les accusés risquent en cas de récidive jusqu'à cinq ans de prison.

"Ce projet de loi profondément discriminatoire serait un énorme revers pour les droits de l'Homme et un autre coup de grâce porté aux droits sexuels en Egypte", a déclaré Najia Bounaim, directrice des campagnes pour l'Afrique du Nord à Amnesty International.

Vague de répression

Une vague de répression contre la communauté homosexuelle a été menée dans le pays ces dernières semaines, après le concert au Caire le 22 septembre de Mashrou' Leila. Le groupe libanais est connu pour ses positions en faveur de la communauté LGBT.

Une partie du public avait alors brandi des drapeaux arc-en-ciel symbole de la communauté LGBT, soulevant la polémique dans les médias et les réseaux sociaux.

Selon des sources sécuritaires, les forces de police ont arrêté 31 personnes depuis le concert. Le nombre de ces arrestations dépasserait 70 selon Amnesty.

"Maladie honteuse"

Le 19 novembre, un tribunal pénal du Caire devra se prononcer sur le sort de 17 personnes accusées de "débauche sexuelle". Ni la présidence, ni le gouvernement ne se sont publiquement exprimés sur le sujet.

Le Conseil supérieur de régulation des médias, un organisme public, avait toutefois qualifié en septembre l'homosexualité de "maladie honteuse", interdisant aux organes de presse d'en faire la "promotion".

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ATS