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Le chef d'état-major des forces turques, Hulusi Akar (à gauche), a exposé deux projets à son homologue américain Joseph Dunford lors de leur rencontre vendredi sur la base aérienne turque d'Inçirlik.

KEYSTONE/AP Pool Turkish Military

(sda-ats)

Les autorités turques ont présenté à l'armée américaine deux projets qui leur permettraient de s'associer aux opérations militaires à venir contre l'organisation Etat islamique dans son fief syrien de Rakka. Les deux plans écartent les miliciens kurdes de Syrie.

Le chef d'état-major des forces turques, Hulusi Akar, a exposé deux projets à son homologue américain Joseph Dunford lors de leur rencontre vendredi sur la base aérienne turque d'Inçirlik, écrit le journal, citant des sources proches des services de sécurité.

Dans les deux cas, les Etats-Unis devraient s'appuyer sur un contingent de 10'000 rebelles syriens, formés par la Turquie, selon le rapport. En outre, les forces spéciales américaines et turques devront participer à la libération de Rakka.

L'idée d'Ankara est donc d'écarter les miliciens kurdes de Syrie des Unités de protection populaire (YPG), que les autorités turques considèrent comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qu'elles combattent sur leur propre territoire.

"Graves problèmes"

S'exprimant lors d'un déplacement vers l'Allemagne, le Premier ministre turc Binali Yildirim a déclaré qu'une coopération entre Washington et les YPG pour reprendre Rakka aux djihadistes de l'EI poserait de "graves problèmes". "Nous leur avons dit qu'on ne pouvait pas utiliser une organisation terroriste pour en combattre une autre", a-t-il dit. "Je crois que la nouvelle administration américaine va tenir compte de ces analyses", a-t-il ajouté.

Dans le premier projet, qui a la préférence d'Ankara selon Hürriyet, l'armée turque débuterait son offensive de Tell-Abyad, une ville sise à environ 80 kilomètres au Nord de Rakka à la frontière des deux pays. Dans ce cas, il faudrait toutefois traverser des territoires tenus par les miliciens kurdes de Syrie. Ce scénario nécessiterait que les Etats-Unis convainquent les miliciens kurdes d'ouvrir un "couloir" de 20 km de large pour laisser passer les forces pro-turques et éviter tout risque de confrontation.

Le second projet exposé par Hulusi Akar à Joseph Dunford contournerait les zones tenues par les miliciens kurdes en faisant partir l'offensive de la ville syrienne d'Al Bab, que les rebelles soutenus par les Turcs tentent de reprendre à l'EI depuis deux mois. Mais Rakka est à 180 km d'Al Bab, et le terrain accidenté du parcours rend ce scénario moins probable, note Hürriyet.

Bataille difficile à Mossoul

Pendant ce temps, l'offensive terrestre contre la partie ouest de la grande ville irakienne de Mossoul, contrôlée par l'Etat islamique, est imminente. L'armée de l'air irakienne a largué dans la soirée des tracts sur la région afin de prévenir les quelque 650'000 civils de leur opération.

Ces tracts, explique le ministère de la Défense, "contiennent des instructions aux civils pour qu'ils se préparent à accueillir les forces irakiennes qui viennent libérer leurs secteurs et enjoignent aux membre de Daech de déposer leurs armes et de se rendre".

La topographie de Mossoul-Ouest, où se trouve le centre historique de la ville, diffère grandement de Mossoul-Est. Les commandants s'attendent à une bataille plus difficile du fait notamment de l'étroitesse des rues qui ne permettent pas les mouvements de chars et autres véhicules blindés.

Les agences humanitaires de l'ONU s'attendent à ce que ces nouveaux combats déplacent jusqu'à 400'000 civils, a dit à Reuters Lise Grande, coordinatrice humanitaire des Nations unies pour l'Irak. "Ce sera une bataille différente avec d'énormes implications pour les civils", a-t-elle dit au téléphone à Reuters. "Nous devons envisager la possibilité d'un siège dans la vieille ville."

La bataille de Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak tenue par l'EI depuis juin 2014, a débuté à la mi-octobre. Les forces pro-gouvernementales irakiennes, appuyées par les moyens de la coalition internationale, ont repris le mois dernier la partie orientale de la ville, sur la rive gauche du Tigre.

ATS

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