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Un groupe d'écrivains, d'artistes et d'intellectuels de renom a appelé le président mexicain Enrique Peña Nieto à protéger les journalistes. Ceux-ci paient de leur vie leurs enquêtes sur la violence liée aux cartels de la drogue et aux autres activités criminelles.

"Tout attentat contre un journaliste est une attaque contre le droit même de la société à être informée", écrivent quelque 500 intellectuels de renom dans une lettre ouverte adressée lundi à M. Peña Nieto. Parmi les signataires figurent les écrivains américain Paul Auster, britannique Salman Rushdie et la Canadienne Margaret Atwood.

"Nous voudrions exprimer notre indignation face aux attaques meurtrières visant les journalistes dans votre pays", ajoutent-ils. Depuis 2000, Reporters sans frontières (RSF) a recensé 88 assassinats de journalistes et collaborateurs de médias en lien certain ou possible avec leur profession, et une vingtaine ont disparu.

Mexico n'est plus un refuge

Le dernier épisode de cette série noire est l'assassinat début août du photoreporter Ruben Espinosa, 31 ans, qui s'était réfugié à Mexico après avoir fait l'objet de menaces à Veracruz. Il a été retrouvé avec une balle dans la tête, pieds et poings liés, avec quatre femmes, dans un appartement de la capitale, où ils ont été torturés.

"C'est le dernier en date d'une longue série d'atrocités contre la presse, et il s'est produit dans une ville qui était considérée comme un des derniers refuges dans le pays pour les journalistes. Il semble qu'il n'y a plus de lieu sûr pour les membres de la profession", ajoute la lettre ouverte.

Perçue comme une zone de "cessez-le-feu", la capitale avait attiré des journalistes menacés qui pensaient y bénéficier d'une relative sécurité.

Comme l'Irak ou la Syrie

Dans le seul Etat de Veracruz, l'un des plus touchés par les violences liées au trafic de drogue, treize journalistes ont été exécutés depuis 2010. Ces crimes ont poussé RSF à considérer cette région comme l'une des plus dangereuses au monde pour les journalistes, après l'Irak et la Syrie.

"Monsieur le président, il ne faut plus d'assassinats", ajoutent encore les signataires de la lettre, qui appellent à traduire en justice les meurtriers. "Dans votre pays, les statistiques concernant l'impunité dans les crimes contre la presse sont désastreuses".

ATS