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Axpo veut relancer le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Beznau progressivement afin qu'il puisse tourner à plein régime dès la fin mars (archives).

KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA BELLA

(sda-ats)

Après trois ans d'arrêt, le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Beznau, à Döttingen (AG), va pouvoir redémarrer, une fois l'installation révisée. Ainsi en a décidé l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).

Beznau 1, l'un des plus anciens réacteurs commerciaux au monde, est hors-service depuis mars 2015. Lors d'une révision annuelle entamée en été 2015, des défauts avaient été constatés dans l'acier de la cuve de pression grâce à une nouvelle technique de mesure: 925 "mini-trous" d'un diamètre de 5 à 6 millimètres dus à des inclusions d'oxyde d'aluminium.

"La cuve de pression est sûre"

L'exploitant Axpo a pu prouver que les inclusions d'oxyde d'aluminium, découvertes dans l'acier de la cuve de pression, n'ont pas d'influence négative sur les propriétés du matériau. Elles ne présentent donc pas de risque pour la sécurité, conclut l'IFSN mardi.

"Nous pouvons affirmer avec conviction que la cuve de pression du réacteur I de Beznau est sûre", a déclaré le directeur de l'IFSN Hans Wanner face aux médias réunis à Brugg (AG). Sur le plan de la sécurité technique, rien ne s'oppose à ce que Beznau 1 soit à nouveau raccordée au réseau, a-t-il ajouté.

Pièce centrale de la cuve de pression de 150 tonnes et de huit mètres de haut, la virole C remplit les exigences du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC), malgré les inclusions.

Les premières inclusions repérées l'avaient été en 2012 sur une cuve de pression d'un réacteur belge. Les autorités suisses ont aussitôt exigé des exploitants des quatre centrales nucléaires helvétiques qu'ils livrent à l'IFSN des informations sur la fabrication, le matériau de base et l'analyse de leurs cuvées de pression.

Mesures par ultrasons

C'est alors que les inclusions ont été repérées sur celle du réacteur 1 de Beznau, lors de la révision annuelle de 2015. L'IFSN a exigé qu'Axpo analyse, caractérise et évalue les mesures par ultrasons signalant des indications de défauts dans l'acier de la cuve de pression. Pour ce faire, Axpo a commandé une réplique de cette installation, réalisée selon la même procédure que l'original.

Résultat: les examens par ultrasons effectués sur la réplique ont présenté une image comparable à celle obtenue lors de l'analyse de l'original. Selon des examens métallurgiques supplémentaires, les mesures faites par ultrasons proviennent bel et bien des inclusions d'oxyde d'aluminium.

Oxyde d'aluminium inoffensif

Ensuite, Axpo a mené des examens microscopiques approfondis sur les propriétés chimiques locales de l'acier. Leur but: pouvoir écarter la possibilité que d'éventuels enrichissements ne se produisent avec différents éléments connus pour influencer la fragilisation de l'acier.

Les résultats de ces examens sont clairs: aucun de ces enrichissements n'a été trouvé. L'oxyde d'aluminium n'a donc pas d'influence négative sur la fragilisation de l'acier.

Défauts d'origine

Les 925 "mini-trous" constatés en 2015 sur la cuve de pression constituent un défaut d'origine datant de la fabrication de la cuve en France en 1965. De l'aluminium avait été ajouté pour mieux maîtriser le métal liquide avant son moulage.

Les analyses ont été menées selon de nouveaux standards d'un niveau unique au monde, a souligné le directeur général d'Axpo Andrew Walo face aux médias. Une cinquantaine d'experts internes et externes ainsi que plusieurs entreprises spécialisées y ont pris part.

Derniers tests

Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Beznau ne va pas être rebranché immédiatement. Son coeur doit être rechargé avant que l'IFSN ne mène de nouveaux tests. Ce n'est qu'après qu'il pourrait être relancé progressivement, comme après toute autre révision.

Axpo entend faire tourner le réacteur à plein régime dès la fin mars. L'entreprise entend toujours exploiter la centrale nucléaire installée à Döttingen (AG) jusqu'en 2030. Le directeur de l'IFSN a toutefois admis mardi ne pas exclure que l'arrêt prolongé du réacteur ait pu causer des dégâts.

Colère des écolos

Les Verts argoviens déplorent que l'IFSN donne son feu vert à une "expérimentation risquée qui menace la santé et l'environnement de centaines de milliers de personnes en Suisse et dans les pays voisins". Incrédules, les Vert'libéraux entendent déposer une interpellation pendant la session en cours des Chambres fédérales pour demander au gouvernement si la relance de Beznau 1 est licite.

Greenpeace s'en prend, elle, à Doris Leuthard, accusée de dérouler le tapis rouge devant les exploitants des centrales nucléaires. L'organisation exhorte la ministre de l'énergie de prendre ses responsabilités face à "la dilution de la sécurité nucléaire".

A l'inverse, le Forum nucléaire suisse rappelle que les Etats-Unis détiennent neuf réacteurs de la même génération que Beznau. Cela montre que l'entretien et la modernisation de telles installations leur permet de répondre aux critères modernes de sécurité.

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ATS