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Le choix du moment de l'annonce du programme de rachat d'actions de Nestlé interroge les analystes (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

L'action Nestlé a terminé en hausse mercredi à la Bourse suisse, alors que l'indice des valeurs vedettes SMI était en légère progression. L'annonce de mardi soir d'un rachat d'actions de la multinationale se répercute favorablement sur le cours.

A la clôture, le titre de la multinationale gagnait 1,10% à 85,40 francs, dans un SMI en hausse de 0,04%.

Le géant alimentaire, basé à Vevey, a annoncé un programme de rachat d'actions portant jusqu'à 20 milliards de francs. L'opération en elle-même ne constitue pas une véritable surprise, relèvent les analystes relayés par awp. Le choix du moment en revanche - au lendemain de la formulation d'exigences par un nouvel entrant au capital de Nestlé - alimente les débats.

Third Point Capital, qui a pris une participation de 1,3% dans Nestlé, correspondant à 3,28 milliards de francs, réclame depuis lundi un geste envers les actionnaires et une amélioration de la rentabilité. Le fonds activiste veut aussi un désengagement dans L'Oréal.

Andreas von Arx, analyste chez Baader Helvea, a salué cette annonce, considérant qu'il s'agit "d'un pas supplémentaire vers une accélération de la création de valeur pour les actionnaires".

Pas assez loin

Les critiques pourraient faire valoir que Nestlé ne va pas aussi loin que son concurrent Unilever, a souligné l'analyste dans une note, alors que le groupe anglo-néerlandais, après avoir rejeté une offre de son rival américain Kraft Heinz, a annoncé en avril un relèvement de son dividende en sus d'un rachat d'actions ainsi que d'une série de mesures incluant la mise en vente de ses margarines.

"Toutefois, cela laisse de la place à des accélérations supplémentaires et signifie que les actionnaires activistes vont peut-être continuer à maintenir une forte pression sur Nestlé", a jugé l'analyste.

Un analyste de Deutsche Bank estime, pour sa part, que quelles que soient les considérations réelles de la direction, l'opération de communication sera perçue par le marché comme une réaction aux prétentions du fonds activiste Third Point Capital, qui vient de prendre une modeste participation dans le capital du mastodonte alimentaire.

Un analyste de Jefferies, de son côté, met en garde contre tout excès d'optimisme. La banque d'affaires américaine souligne que d'une part les exigences formulées par Third Point Capital constituent des défis d'envergure pour le groupe, et que d'autre part le poids du nouvel arrivant demeure plutôt modeste.

Nestlé risque de se montrer réticent à endosser publiquement les recommandations du nouveau venu, anticipent les analystes.

Rachat anticipé

Un expert de Bernstein demeure fermement convaincu que Nestlé aurait préféré dévoiler son programme de rachat d'actions en septembre à l'occasion de sa journée des investisseurs. Même si la décision n'a pas été motivée par la formulation des exigences de Third Point Capital, le moment de sa publication, lui, l'a peut-être été, suppute la banque américaine.

Cette communication précipitée a par ailleurs empêché le nouveau patron de préparer le terrain pour dévoiler sa vision du futur de l'entreprise.

ATS