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Les dirigeants de Suzuki ont présenté leurs excuses mercredi devant les médias.

KEYSTONE/AP/SHIZUO KAMBAYASHI

(sda-ats)

Après Mitsubishi Motors, le constructeur japonais d'automobiles Suzuki a avoué à son tour avoir mené des tests selon une méthode non homologuée. Il a toutefois démenti avoir agi ainsi pour embellir les valeurs, à la différence de son compatriote.

Suzuki, sommé - comme ses rivaux - de vérifier ses pratiques à la suite de l'affaire Mitsubishi Motors, a rendu sa copie mercredi au ministère des Transports.

"Des irrégularités ont été trouvées dans les procédures de tests des niveaux d'émission et des performances énergétiques", a reconnu le groupe dans un communiqué, mais "l'enquête interne n'a pas conclu à une tricherie, telle que la manipulation de données", a-t-il assuré.

Les valeurs obtenues via cette méthode ne sont pas fausses, a insisté Suzuki. Les 16 modèles commercialisés au Japon sont concernés, soit un total de 2,1 millions d'unités, a détaillé le patron, Toshihiro Suzuki, lors d'une conférence de presse. Le problème, qui remonte à 2010, "ne s'applique pas aux produits vendus en dehors du Japon", a précisé le constructeur.

Il blâme la localisation du circuit de tests, situé "sur une colline près de la mer, avec des conditions météo - vent notamment - affectant les mesures". "Il était difficile de procéder à des tests" dans des conditions correctes, explique le groupe qui a donc compilé différentes valeurs disparates (pneus, freins...) mesurées en laboratoire.

Des informations de presse en ce sens avaient couru un peu plus tôt, faisant chuter l'action de 9,36% à 2613 yens à la Bourse de Tokyo. Le groupe, spécialisé dans les mini-voitures et très bien implanté en Inde, vend près de 3 millions d'automobiles par an. Il est aussi très connu pour ses deux-roues, qui représentent près de 10% des recettes.

Démission du patron de Mitsubishi

Cette annonce intervient peu de temps après l'aveu de manipulation de données et falsification de tests par Mitsubishi Motors Coporation (MMC), qui a depuis vu ses commandes plonger dans l'archipel.

L'affaire a déjà fait tomber des têtes: le patron de la compagnie, Tetsuro Aikawa, a décidé de démissionner pour "les soucis causés", a annoncé le groupe mercredi, à l'occasion de la remise d'un nouveau rapport au ministère.

Outre les quatre mini-véhicules déjà cités, il a précisé que d'autres modèles étaient concernés, dont son emblématique 4X4 hybride Outlander PHEV.

Bien qu'en mauvaise posture, MMC a reçu le soutien surprise de son compatriote et partenaire Nissan, qui va injecter des fonds pour prendre 34% de son capital.

Le géant allemand Volkswagen est lui aussi pris dans la tourmente d'un retentissant scandale des moteurs diesel truqués, qui avait éclaté en septembre dernier.

Moindres dégâts

Si Suzuki n'a pas triché comme il l'affirme, les dégâts seront moindres, a commenté Koji Endo, analyste chez Advanced Research Japan. "Mais même dans ce cas, l'utilisation d'une méthode différente de celle autorisée par le gouvernement est un problème", a-t-il estimé.

"Et comme les ventes de Suzuki au Japon sont bien plus importantes que celles de Mitsubishi Motors (plus de 600'000 voitures vendues en 2015, contre 100'000), l'impact sur le marché intérieur risque d'être important", a-t-il prévenu.

Suzuki, dont les racines remontent à 1909, est désormais dirigé par Toshihiro Suzuki, fils d'Osamu Suzuki, le patriarche de 86 ans qui a passé la main l'an dernier après 37 ans aux commandes. Cependant toujours président du conseil d'administration, il a présenté ses excuses mercredi.

S'il a donné au groupe une envergure internationale, son règne a aussi été marqué par l'échec d'un partenariat technologique avec le géant allemand Volkswagen avec lequel il est entré en conflit en 2011, un litige finalement soldé l'an dernier.

Suzuki a affiché des bénéfices en hausse en 2015-16 pour un chiffre d'affaires de 3180,7 milliards de yens (28,5 milliards de francs). A ce stade, cette affaire ne remet pas en cause les prévisions établies pour cette année, a-t-il dit.

ATS