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La France est face "à des vagues migratoires (...) inédites depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", a rappelé son président Emmanuel Macron (archives).

KEYSTONE/EPA ANSA/ETTORE FERRARI

(sda-ats)

Le gouvernement français a entamé jeudi de difficiles consultations avec les associations sur son projet de loi "asile et immigration". La réforme promet à la fois une forte augmentation des reconduites et une amélioration du droit d'asile. Le débat est tendu.

Estimant que la France est "face à un échec de (sa) politique d'intégration", le secrétaire d'Etat en charge des Relations avec le parlement, Christophe Castaner, a tenté de déminer le terrain en affirmant qu'en matière de politique migratoire, "l'humanisme et le pragmatisme ne sont pas incompatibles".

Le "pragmatisme" se traduisant par la promesse de fortement augmenter les reconduites. Le texte, qui doit être présenté en Conseil des ministres dans les prochaines semaines, prévoit également une augmentation de 16 à 24 heures de la retenue pour vérification du droit au séjour, un durcissement de l'assignation à résidence, la réduction des délais de recours pour les déboutés de l'asile.

Nombre de ces mesures sont très contestées par les associations actives dans l'hébergement et l'aide aux étrangers en France pour leur caractère coercitif. En contrepartie, le texte promet d'améliorer les conditions d'accueil et d'intégration, proposant une réduction des délais de traitement des demandes d'asile à six mois ou encore l'extension de la réunification familiale pour les mineurs.

Division même dans la majorité

Depuis des mois, le débat enfle en France sur ce projet de loi porté par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et qui divise même la majorité présidentielle, dont des députés ont fait part de leur gêne. Le débat s'est fortement tendu depuis décembre 2017 après la signature par M. Collomb d'une circulaire qui prévoit de recenser les étrangers dans les centres d'hébergement d'urgence, une mesure d'une rare fermeté.

Quelques heures avant la rencontre prévue entre le gouvernement et les associations, plus de vingt d'entre elles ont saisi le Conseil d'Etat, plus haute juridiction administrative en France, pour obtenir la suspension en urgence de cette circulaire. Mercredi, l'Eglise catholique a haussé le ton en estimant que les centres d'hébergement d'urgence devraient "être sanctuarisés".

"Notre pays est en train de perdre son âme sur la politique des migrants", a estimé jeudi Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, sur Europe 1. "Cette volonté de trier entre ceux qui seraient bons migrants et mauvais migrants est inacceptable pour la CFDT." Son homologue de la CGT, Philippe Martinez, a regretté quant à lui sur Radio Classique que "la France, terre des droits de l'homme, montre du doigt les réfugiés et les migrants".

Cri du coeur de Le Clézio

L'hebdomadaire L'Obs, dont la une figure jeudi le visage d'Emmanuel Macron encadré de fils barbelés dans des couleurs rouge blanc et noir rappelant celles de l'Empire allemand, multiplie les avertissements de personnalités.

Dans un cri du coeur, le prix Nobel de littérature français Jean-Marie Gustave Le Clézio y porte par exemple le débat au niveau philosophique. Il a dénoncé comme "un déni d'humanité insupportable" le "tri" fait entre les migrants qui fuient leur pays pour des raisons politiques et ceux qui fuient la misère.

"Est-il moins grave de mourir de faim, de détresse, d'abandon, que de mourir sous les coups d'un tyran?" poursuit le prix Nobel, qui rappelle avoir été lui-même un migrant.

Macron: "se garder des faux bons sentiments"

Le président Macron a sèchement répliqué jeudi depuis Rome, jugeant qu'il y avait "beaucoup de confusion chez les intellectuels" et qu'il fallait "se garder des faux bons sentiments".

"La France n'est pas fermée", a-t-il affirmé. Le pays est face "à des vagues migratoires (...) inédites depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", rappelant qu'un record de 100'000 demandes d'asile avaient été déposées en France l'an dernier. Seul un gros tiers de ces demandeurs ont accédé au statut de réfugié, selon les chiffres officiels.

Sur le front politique, la gauche est unanime pour condamner la répression à l'oeuvre selon elle sous le ministère de Gérard Collomb. Les Républicains dénoncent pour leur part le "laxisme" du projet de loi.

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ATS