Assignée à résidence, Keiko Fujimori annonce son retour

Keiko Fujimori a annoncé samedi son retour en politique à six mois de la présidentielle péruvienne (archives). KEYSTONE/AP/MARTIN MEJIA sda-ats
Ce contenu a été publié le 26 septembre 2020 - 21:12
(Keystone-ATS)

Keiko Fujimori a annoncé samedi son retour en politique à six mois de la présidentielle péruvienne. L'ex-candidate est sortie de prison en mai après 3 mois de détention provisoire et se trouve assignée à résidence dans le cadre d'une enquête pour corruption.

Dans une vidéo diffusée sur son compte Twitter, la fille de l'ex-président emprisonné, Alberto Fujimori (1990-2000), a déclaré que "sous le patronage historique" de son père, elle a décidé du "retour actif à 100% de Fuerza Popular", le parti populiste de droite qu'elle dirige.

"Nous pouvons plus que jamais surmonter les grandes difficultés ensemble", a ajouté l'opposante de 45 ans, assignée à résidence dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht, et qui avait annoncé le 18 décembre 2019 qu'elle faisait une "pause" dans ses activités politiques.

Keiko Fujimori, qui en 2011 et 2016 a failli remporter la présidence péruvienne, est accusée d'avoir reçu des fonds du groupe de construction brésilien pour sa campagne électorale de 2011.

Elle a passé à ce titre plus d'un an en prison (à deux reprises), entre octobre 2018 et mai 2020, mais nie ces accusations bien que d'anciens dirigeants de l'entreprise affirment lui avoir donné des fonds pour sa campagne.

Perte d'influence

Fuerza Popular, parti fondé par Keiko Fujimori il y a près de dix ans, a dominé le Parlement après les élections de 2016 et forcé l'ex-président Pedro Pablo Kuczynski, également dans la tourmente de l'affaire Odebrecht, à démissionner en mars 2018.

Mais après la dissolution du Parlement en 2019, décrétée par l'actuel président Martin Vizcarra, des élections législatives extraordinaires convoquées en janvier 2020 ont été marquées par la perte d'influence de Fuerza Popular, passé de 73 sièges (sur un total de 130) à seulement 15.

"Candidate naturelle"

Bien que Keiko Fujimori n'ait pas encore laissé entendre qu'elle se présenterait à la présidence péruvienne lors des élections générales d'avril 2021, le numéro deux du parti, Luis Galarreta, a déclaré qu'elle était la "candidate naturelle de Fuerza Popular" et qu'aucun obstacle judiciaire ne s'oppose à sa candidature.

Quatre anciens présidents péruviens ont également été mis en cause dans le scandale Odebrecht: Alejandro Toledo (2001-2006), Alan Garcia (1985-1990 et 2006-2011), qui s'est suicidé, Ollanta Humala (2011-2016) et Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018). Tous sont soupçonnés d'avoir reçu de l'argent du groupe brésilien, qui a reconnu avoir versé 29 millions de dollars de pots-de-vin entre 2005 et 2014.

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