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Les attentats ont visé notamment la gare routière de Jablé. On dénombre une centaine de victimes dans cette seule ville.

KEYSTONE/EPA SANA/SANA HANDOUT

(sda-ats)

Le régime syrien a été frappé en plein coeur lundi par une série d'attentats qui ont fait 148 morts dans ses fiefs de la région côtière. Ces attaques, survenues dans une zone qui abrite des bases russes, ont été revendiquées par le groupe Etat Islamique (EI).

Dans sa revendication diffusée par l'agence de presse Amaq, qui lui est liée, le groupe djihadiste précise que ses commandos ont visé des rassemblements d'Alaouites, la branche de l'islam chiite à laquelle appartient le président Bachar al Assad.

Au total, la police a fait état de quatre voitures piégées et de trois attentats suicide, tandis que l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté deux attentats à la voiture piégée et cinq attaques suicides. Les explosions ont visé la gare routière de Tartous et la gare routière, la compagnie d'électricité et deux hôpitaux de Jablé.

L'OSDH, basé à Londres, a établi en fin d'après-midi un nouveau bilan de 148 morts, dont une centaine à Jablé, et des dizaines de blessés, la quasi-totalité des civils. L'agence officielle Sana a de son côté fait état d'au moins 78 morts.

Cibles symboliques

Jamais depuis le début du conflit syrien, il y a cinq ans, le "pays alaouite" avait été aussi lourdement frappé par des attentats. Le choix des cibles est aussi symbolique: Tartous héberge une base navale russe et Jablé, dans la province de Lattaquié, est située près d'une base aérienne utilisée par l'aviation russe pour bombarder les ennemis de Bachar al Assad.

Interrogé par la chaîne de télévision progouvernementale Ikhbariya, le ministre syrien de l'Information Omran al Zoubi a accusé les "terroristes" de s'attaquer aux civils au lieu de combattre sur les lignes de front.

Relancer les négociations

Réagissant à ces attaques, le Kremlin a exprimé son "inquiétude" face à "la montée des tensions et de l'activité terroriste en Syrie".

Ces attentats "démontrent une nouvelle fois à quel point la situation est fragile en Syrie et la nécessité de prendre des mesures énergiques pour relancer le processus de paix", a-t-il ajouté. Pour Moscou, ce regain de violences souligne la nécessité de poursuivre les négociations de paix sous l'égide de l'Onu.

Ces négociations sont au point mort depuis des semaines, en raison de positions inconciliables sur l'avenir politique de M. Assad. Après diverses tentatives de cessez-le-feu, les combats ont repris de plus belle dans les régions d'Alep et Damas où rebelles d'une part et forces gouvernementales appuyées par leurs alliés iraniens et libanais d'autre part ont lancé de grandes offensives.

ATS