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Le projet de sortie de crise au Burkina Faso présenté par la médiation ouest-africaine suscitait lundi l'indignation de la société civile. Elle restait opposée à l'amnistie des putschistes et à la participation de candidats pro-Compaoré aux prochaines élections.

Dès dimanche soir, Me Guy-Hervé Kam, le porte-parole du Balai Citoyen, en pointe dans le soulèvement populaire contre Blaise Compaoré en 2014, jugeait "honteux" le projet avancé par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Cette réaction trouvait un écho dans les rues de la capitale burkinabé.

Elaboré à l'issue de trois jours de médiation-marathon à Ouagadougou, le projet d'accord sera soumis mardi au fert vert de la Cédéao lors d'un sommet extraordinaire à Abuja.

Le texte est articulé en 12 points. Il propose le maintien des élections législatives et présidentielles au Burkina, au plus tard le 22 novembre, mais surtout la participation des candidats pro-Compaoré. Ces candidatures avaient été invalidées ces derniers mois suite à une loi votée par l'Assemblée intérimaire. C'était la principale revendication des auteurs du coup d'Etat militaire du 17 septembre.

Parmi les autres points figurent la "restauration des institutions de la transition et du président Kafando" et la "libération sans conditions de toutes les personnes détenues suite aux événements".

Le sort du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), à l'origine du coup d'Etat, est quant à lui "laissé à l'appréciation du président issu des prochaines élections". Depuis plusieurs mois, la société civile réclame la dissolution de cette troupe forte de 1300 hommes.

Confiance rompue

Lundi matin, des habitants de Ouagadougou qui faisaient la queue pour acheter des unités d'électricité à l'agence principale de la compagnie nationale, la Sonabel, se montraient très critiques.

"On n'a plus confiance dans la Cédéao. On veut sortir (dans la rue), prendre notre destin en mains. Les corps (des manifestants tués) ne sont même pas enterrés et on amnistie. On va tout barricader", a déclaré un agent de bureau d'une trentaine d'années.

Dans la capitale, les magasins étaient ouverts et des centaines de moto-taxis circulaient dans le centre-ville. Mais l'accès à internet était quasi-inaccessible et plusieurs réseaux de téléphonie mobile étaient coupés. Les appels à manifester via les réseaux sociaux avaient joué un rôle prépondérant dans l'organisation du soulèvement populaire qui avait mis fin aux 27 ans de pouvoir de M. Compaoré, fin 2014.

"Ils essaient d'empêcher les gens de communiquer", commentait un homme de 25 ans qui critiquait lui aussi l'impunité promise aux putschistes, qui n'ont pas hésité à tirer sur la foule.

Un autre habitant de la capitale se montrait plus nuancé: "L'amnistie n'est pas une bonne chose mais l'inclusion des candidats CDP (parti de Blaise Compaoré), pourquoi pas? Il faut qu'il y ait un accord. Ils n'ont qu'à les laisser se présenter et que le meilleur gagne".

ATS