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Au moins 319 villages endommagés ou détruits à Rakhine

Les forces de sécurité birmanes dans l'Etat de Rakhine sont mises en cause notamment pour avoir détruit des centaines de villages (archives).

KEYSTONE/EPA/NYUNT WIN

(sda-ats)

Au moins 319 villages ont été partiellement ou totalement détruits depuis août dans l'Etat birman de Rakhine, selon la Mission d'établissement des faits de l'ONU. Celle-ci a ciblé lundi à Genève des violences "extrêmement cruelles" et "des viols collectifs brutaux".

Outre les images satellites, "nous avons des centaines de témoins" de la volonté des autorités d'"éliminer toute trace restante" des Rohingyas dans certains villages et des crimes perpétrés, a dit devant le Conseil des droits de l'homme le président de la Mission, Marzuki Darusman. Le même jour, Amnesty International (AI) a accusé dans un rapport la Birmanie de construire des sites militaires à l'emplacement de villages de musulmans rohingyas incendiés.

"Assez répandue", cette appropriation de territoires par les autorités est liée à plusieurs raisons, a dit M. Darusman devant la presse. Notamment économiques avec des infrastructures massives prévues à Rakhine mais aussi dans les Etats de Kachin et de Shan.

Après le Haut commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad al-Hussein et d'autres responsables de l'ONU, les enquêteurs indépendants concluent à de "très probables crimes internationaux" à Rakhine. Durant le dialogue avec les Etats membres, M. Darusman a souligné qu'il ne qualifierait pas plus précisément ces violences "jusqu'à ce que nous soyons capables d'établir ce qui a eu lieu".

Visé par les autorités birmanes

M. Zeid avait mentionné de "fortes suspicions" de génocide auquel la rapporteuse spéciale sur la Birmanie Yanghee Lee conclut aussi "de plus en plus". Les indications dévoilées par la Mission ciblent elles "des violations des droits de l'homme du type le plus grave". Tout déni de cette situation est "intenable", estime M. Darusman.

Il a dénoncé une violence "répandue" et "systématique" menée par les autorités. Des actes qui laissent entendre une "planification" et une "organisation" que la Mission va examiner en détail. De son côté, le représentant birman devant le Conseil a dénoncé l'objectivité des enquêteurs et estimé "déraisonnable" d'affirmer que son gouvernement est indifférent aux droits de l'homme.

La Mission n'a pas eu accès à la Birmanie, mais elle a mené plus de 600 entretiens de victimes et de témoins dans différents pays. La situation récente à Rakhine, qui a provoqué le départ de centaines de milliers de Rohingyas au Bangladesh, mais aussi dans les Etats de Kachin et de Shan fait suite à des violations "systémiques" depuis longtemps des droits de l'homme en Birmanie, selon elle.

Les trois enquêteurs rendront leur rapport en septembre prochain. Ils soulignent déjà des données crédibles sur de nombreuses victimes liées aux "graves" abus des forces de sécurité. Notamment des personnes brûlées vives. Ou des bébés tués, ajoute M. Darusman. Il cible aussi des attaques indiscriminées, des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des détentions arbitraires ou encore de la torture.

Appel suisse à la Birmanie

De son côté, la Suisse a déploré le manque de collaboration avec Yanghee Lee. Elle a appelé les autorités à lui garantir un accès de même qu'à la Mission. Et à un accès humanitaire à la zone.

La Birmanie a demandé le retrait de Mme Yanghee. "Lorsqu'un pays décide de choisir" un rapporteur, cette situation contribue à "un sabotage de la protection et de la surveillance des droits de l'homme", a dit celle-ci devant la presse.

Elle a par ailleurs précisé son appel dans son rapport à un mécanisme de l'ONU au Bangladesh pour rassembler et préserver des preuves sur les violences contre les Rohingyas en Birmanie. Des actes qui ont donné lieu selon elle à "la prise crise humanitaire" en près de 20 ans au moins.

Ce dispositif n'aurait pas le mandat de préparer légalement des dossiers pour des poursuites. Une proposition "utile" saluée par M. Darusman d'autant plus que le financement de la préservation des indications accumulées par sa Mission n'est pas garanti, a expliqué un autre membre de cette entité.

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