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L'aviation syrienne a violemment bombardé l'enclave rebelle de la Ghouta orientale tuant au moins 80 civils, dont vingt enfants, et en blessant 300 autres.

KEYSTONE/EPA/MOHAMMED BADRA

(sda-ats)

L'aviation syrienne a violemment bombardé lundi l'enclave rebelle de la Ghouta orientale tuant au moins 80 civils, dont vingt enfants, selon des correspondants de l'AFP. Le régime semble préparer un assaut imminent contre la dernière poche rebelle près de Damas.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) avance lui un bilan plus élevé: il y aurait 94 morts. Quelque 300 personnes ont également été blessées.

"Le régime bombarde intensément la Ghouta orientale en vue d'une offensive terrestre", a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les forces du président syrien Bachar al-Assad ont massé des renforts autour de cette zone qui leur échappe depuis 2012.

La coalition nationale syrienne basée en Turquie, la principale formation de l'opposition en exil, a, dans un communiqué, dénoncé une "guerre d'extermination" menée dans la Ghouta orientale, ainsi que "le silence international" face aux crimes du pouvoir Assad dans la guerre qui ravage la Syrie depuis près de sept ans.

Les bombardements de civils "doivent cesser maintenant", a exhorté de son côté le coordinateur de l'ONU pour l'aide humanitaire en Syrie dans un communiqué. "La situation humanitaire des civils dans la Ghouta orientale est totalement hors de contrôle. Il est impératif de mettre fin immédiatement à cette souffrance humaine insensée", a-t-il appelé.

Ghouta régulièrement ciblée

Dimanche, des centaines de tirs de roquettes et d'artillerie du régime avaient déjà coûté la vie à au moins dix-sept civils dans la Ghouta orientale, selon l'Observatoire. Lundi, les frappes aériennes ont visé plusieurs localités.

Le 5 février, l'armée syrienne avait mené des bombardements aériens d'une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés, en cinq jours. Les localités de cette région rebelle ont par la suite été bombardées par intermittence.

Deux groupes rebelles islamistes contrôlent la majorité de la Ghouta orientale, mais des djihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham sont également présents dans quelques poches, dont l'une adjacente à Damas.

Des pourparlers sont en cours pour évacuer ces djihadistes, selon l'OSDH et le quotidien syrien Al-Watan. Mais, affirme l'OSDH, l'intensification de la pression militaire semble montrer que le régime privilégie une offensive terrestre à des négociations. Dans son communiqué, la coalition de l'opposition a accusé la Russie, alliée du régime, de chercher "à enterrer le processus politique" en vue d'une solution au conflit qui a fait depuis le 15 mars 2011 plus de 340'000 morts.

Afrine dans les prochaines heures

Ce regain de violence survient alors que les forces progouvernementales syriennes se préparaient à entrer dans une région du nord-ouest de la Syrie, Afrine, pour soutenir une milice kurde face à une offensive de la Turquie.

L'armée turque, appuyée par des rebelles syriens, mène depuis un mois une offensive contre cette zone pour en chasser les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde considérée comme "terroriste" par Ankara mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

"Les forces populaires vont arriver à Afrine dans les prochaines heures pour soutenir ses habitants contre l'attaque du régime turc", a indiqué l'agence de presse officielle syrienne Sana. Elles vont "se joindre à la résistance contre l'agression turque", a ajouté Sana, précisant qu'il s'agit de "défendre l'unité territoriale et la souveraineté de la Syrie".

Plusieurs heures après l'annonce faite par l'agence de presse syrienne, aucun déploiement n'a été constaté sur le terrain par des correspondants de l'AFP. Des médias d'Etat syriens étaient présents dans la région.

L'agence SANA n'a pas fourni de détails sur la composition des "forces populaires" ni mentionné de déploiement de l'armée régulière syrienne dans cette région du Nord-ouest.

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ATS