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"Quand on est malade, il faut opérer et enlever la tumeur. Dans la MUD (la coalition d'opposition), il faut faire pareil", a plaidé Henrique Capriles qui avait perdu de peu face à Nicolas Maduro lors de la présidentielle de 2013 (archives).

KEYSTONE/EPA EFE/MIGUEL GUTIERREZ

(sda-ats)

L'opposition vénézuélienne était mardi plus divisée que jamais. L'ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles a annoncé son retrait de la Table pour l'unité démocratique (MUD), la coalition des opposants. Le tout profite au président socialiste Nicolas Maduro.

La figure majeure de la fronde anti-Maduro a claqué la porte de la MUD mardi, dénonçant une "trahison". Lundi, quatre des cinq gouverneurs régionaux de l'opposition récemment élus ont prêté serment devant la Constituante, exclusivement composée de partisans du président Maduro. C'est un revirement par rapport à la position initiale de la MUD qui voulait boycotter la Constituante dont elle ne reconnaît pas la légitimité.

"Moi je ne vais pas continuer dans cette Table, je ne vais plus en faire partie" tant qu'y sera présent Henry Ramos Allup, leader du parti des quatre gouverneurs ayant prêté allégeance à l'Assemblée constituante, a assuré Henrique Capriles dans une vidéo sur internet.

"Quand on est malade, il faut opérer et enlever la tumeur. Dans la MUD, il faut faire pareil", a plaidé celui qui avait perdu de peu face à M. Maduro lors de la présidentielle de 2013.

Henrique Capriles a pris cette décision à titre personnel, sans engager son parti. Mais ces querelles font le jeu du gouvernement, grand vainqueur des régionales du 15 octobre (18 régions remportées sur 23) et qui avait menacé de destituer les gouverneurs ne prêtant pas serment devant la Constituante.

"Scénario parfait"

Et, de manière surprenante, le président Maduro, chahuté par une vague de manifestations au printemps exigeant son départ et ayant fait 125 morts, se retrouve en position de force pour les prochaines échéances électorales (municipales, encore sans date, et présidentielle, fin 2019).

Le naufrage économique du pays pétrolier y est pour beaucoup: "Dans nos Etats, il y a beaucoup de familles dans la misère. Nous assumons le coût politique (de prêter serment, ndlr) pour défendre le vote de nos électeurs", s'est justifiée la gouverneure de Tachira, Laidy Gomez.

"C'est le scénario parfait pour le chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013, ndlr), cela lui permet d'avancer dans sa stratégie de rendre peu à peu légitime la Constituante", décriée largement à l'international depuis son élection fin juillet, explique à l'AFP un expert en questions électorales, Eugenio Martinez.

Impopularité

Le président Maduro a d'ailleurs salué la prestation de serment des quatre gouverneurs comme une reconnaissance des "pleins pouvoirs" de la Constituante, appelée à siéger jusqu'en 2019. Cette attitude triomphaliste tranche avec l'énorme impopularité du chef d'Etat, dont la gestion est rejetée par plus de 80% des Vénézuéliens.

"Le gouvernement est en train d'appliquer son plan d'accaparer le pouvoir pour toujours, ce qui implique de détruire son principal ennemi politique. La MUD est peut-être en train d'imploser", estime le politologue Luis Salamanca.

Les quatre gouverneurs signataires sont du parti Action démocratique de M. Allup, ex-président du Parlement. Les deux autres partis majoritaires de la MUD (qui en compte une trentaine au total), D'abord la justice de M. Capriles et Volonté populaire de Leopoldo Lopez - qui purge à domicile une peine de près de 14 ans de prison - ont dénoncé une "action de trahison et de tromperie".

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ATS