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Des milliers d'opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro bloquaient lundi les principales routes du pays.

KEYSTONE/EPA EFE/MIGUEL GUTIERREZ

(sda-ats)

Des milliers d'opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro bloquaient lundi les principales routes du pays. Il entrait dans sa septième semaine de protestations marquées par des violences ayant fait 38 morts.

L'opération, baptisée "grand sit-in contre la dictature", devait durer douze heures, jusqu'à 19h00 (01h00), dans une cinquantaine de points stratégiques du pays.

En début-d'après-midi à Caracas, parapluies et capes étaient de sortie sur la principale autoroute d'accès à la capitale, où les manifestants équipés de vivres et d'eau pour la journée, jouaient aux cartes, chantaient et lisaient, assis ou allongés sur le bitume.

Des groupes de manifestants cagoulés avaient disposé des barricades sur la voie, laissant craindre de nouvelles violences.

"C'est un jour de résistance, d'endurance, pour montrer (notre) organisation et (notre) force", a assuré aux journalistes Freddy Guevara, vice-président du Parlement, contrôlé depuis fin 2015 par l'opposition.

L'objectif, a-t-il souligné, est de "rendre ingouvernable" le Venezuela, déjà secoué par une profonde crise politique depuis des mois, qui s'ajoute au marasme économique de ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut.

Elections exigées

Le président socialiste Nicolas Maduro est confronté depuis le 1er avril à une vague de manifestations hostiles et de violences qui ont déjà fait 38 morts et des centaines de blessés. Au moins 155 civils ont été emprisonnés sur ordre de tribunaux militaires, a dénoncé l'ONG Foro Penal.

L'opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l'Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer le texte suprême datant de 1999, estimant qu'il s'agit d'une manoeuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s'accrocher au pouvoir.

Nicolas Maduro s'en est défendu ce week-end: "En 2018, qu'il pleuve, qu'il y ait du tonnerre ou des éclairs, au Venezuela il y aura une élection présidentielle", a-t-il affirmé.

Plusieurs échéances électorales sont déjà attendues, comme celle des gouverneurs régionaux, qui aurait dû avoir lieu en 2016 mais a été reportée sine die. Cette année, le pays doit organiser en outre des élections municipales.

Le ras-le-bol populaire pourrait jouer en faveur de l'opposition à chacune de ces élections, alors que 70 à 80% des habitants désapprouvent la gestion du chef de l'Etat, selon divers sondages.

Le président assure que réformer la Constitution est l'unique chemin vers la paix, mais ses adversaires y voient le moyen de façonner un texte à sa mesure.

"Il n'y a pas moyen que le Venezuela supporte ça. Tant qu'il y aura la dictature, il n'y aura pas de calme", a promis lundi M. Guevara.

ATS

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