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Adam Schiff (gauche) et Devin Nunes espèrent des progrès dans leur enquête sur l'interférence de la Russie dans l'élection présidentielle étasunienne.

KEYSTONE/AP/J. SCOTT APPLEWHITE

(sda-ats)

Des élus spécialisés dans le renseignement au Congrès étasunien ont affirmé ne pas disposer de preuves soutenant les accusations de mise sur écoutes lancées par Donald Trump contre Barack Obama. Le nouveau président avait exprimé ses attaques sur Twitter.

"Nous n'avons aucune preuve que cela ait eu lieu", a déclaré mercredi Devin Nunes, le président républicain de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, qui enquête sur l'interférence présumée de la Russie dans la campagne présidentielle américaine.

Sur la base des discussions qu'il a eues sur ce dossier, M. Nunes a rapporté qu'il ne pensait "pas qu'il y ait eu une réelle mise sur écoute de la Trump Tower" à New York, où résidait Donald Trump avant son élection.

"Je n'ai vu à ce jour aucune preuve soutenant les allégations du président Trump selon lesquelles lui et ses proches ont été mis sur écoute à la Trump Tower" par Barack Obama, a renchéri le chef de file des démocrates au sein de la même commission, Adam Schiff, lors d'une conférence de presse commune.

"Personne malfaisante"

Dans une série de tweets le 4 mars, Donald Trump avait accusé Barack Obama d'avoir mis ses lignes téléphoniques sur écoute avant le scrutin du 8 novembre, qualifiant son prédécesseur de "personne malfaisante (ou malade)".

Ces allégations avaient suscité des interrogations, parce qu'en tant que président Donald Trump a accès à des informations classées qui auraient pu soutenir ses propos.

Le milliardaire avait lancé ces accusations après la publication, par des médias conservateurs, d'allégations similaires. Cela laissait suggérer qu'il s'était inspiré de ces médias - ce que la Maison-Blanche n'a jamais démenti.

Barack Obama a tout démenti, mais Donald Trump a demandé au Congrès d'enquêter. "Cela m'inquiète beaucoup que le président puisse lancer une telle accusation sans fondement", a ajouté M. Schiff.

"J'avais lu des choses"

Interrogé mercredi soir sur Fox News sur la façon dont il avait appris cette affaire d'écoutes, M. Trump a répondu: "j'avais lu des choses". Il a ensuite fait référence à un article du New York Times le 20 janvier et "d'autres choses" qu'il avait lues évoquant des écoutes.

Donald Trump a également évoqué nommément un reporter de Fox News qui "la veille" - apparemment le 3 mars - "parlait de certaines choses, très complexes, qui se passaient. Et d'écoutes téléphoniques. J'ai dit 'attendez un peu, on parle beaucoup d'écoutes téléphoniques'. J'avais vu beaucoup de choses".

Interférence russe

MM. Nunes et Schiff ont eux précisé qu'ils ne s'attendaient pas à ce que le directeur du FBI, James Comey, qui doit témoigner lundi devant leur commission, apporte des preuves.

Mais les deux élus espèrent des progrès dans leur enquête sur l'interférence de la Russie. Notamment sur le nombre de personnes liées à la campagne du républicain qui auraient été mises sur écoutes à ce sujet.

Le directeur de l'agence chargée d'intercepter les communications, la NSA (National Security Agency), Michael Rogers, sera aussi entendu lundi. Une autre audition est prévue le 28 mars.

ATS

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