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Aucune violence lors des élections en Centrafrique

Le premier tour du scrutin présidentiel et législatif en Centrafrique s'est déroulé sans violence mercredi. Le chef militaire de la Mission de l'ONU qui supervisait le vote, le général sénégalais Balla Keita, a déclaré: "on a fait un miracle dans un pays en guerre".

Dans de nombreux bureaux de vote de Bangui, la capitale, les opérations se sont poursuivies au-delà de 16h00, heure prévue de clôture des scrutins, en raison d'un retard à l'ouverture du vote.

"Les bureaux fermeront quand tous les Centrafricains auront voté", a affirmé le chef de la Mission de l'ONU (Minusca), Parfait Onanga-Anyanga. Selon lui, la participation importante et l'absence d'incidents violents sont d'ores et déjà "un succès".

Des résultats provisoires seront dévoilés dans les prochains jours et la Cour constitutionnelle a maintenant 15 jours pour proclamer les résultats définitifs.

Le vote avait déjà débuté avec du retard, notamment dans l'enclave musulmane du PK-5, cible de tirs de roquettes le 13 décembre dernier lors du référendum constitutionnel. Ces tirs, oeuvre d'extrémistes hostiles au processus électoral, avaient fait cinq morts.

"Erreurs matérielles"

Mercredi, le quartier était sous haute protection des Casques bleus et les électeurs, très nombreux, se pressaient pour voter, dans une ambiance animée mais calme. Cette ferveur s'est manifestée dans l'ensemble de la capitale Bangui.

L'Autorité nationale des élections (ANE) a relevé "des erreurs matérielles sur des bulletins dans plusieurs circonscriptions électorales", à Bangui comme en province. "Dans certaines localités, les bulletins pour les élections législatives ne sont pas parvenus dans les bureaux", a indiqué l'ANE dans un communiqué, ce qui devrait entraîner sans doute un certain nombre d'"élections partielles".

L'ANE a annoncé que le vote pour l'élection des députés serait à nouveau organisé dans certains secteurs parce que les bulletins n'avaient pu être livrés. Mais aucune nouvelle date n'a été fixée.

Selon des éléments recueillis par l'AFP, les opérations électorales se sont globalement bien déroulées en province, notamment à Bouar, Berbérati, Bossangoa, Bambari ou Ndélé, localités où le référendum avait été perturbé par des hommes armés.

Problèmes à la pelle

Trente candidats étaient en lice pour la présidentielle mais trois personnalités émergent: deux anciens Premiers ministres, Anicet Georges Dologuélé et Martin Ziguélé, ainsi qu'Abdoul Karim Méckassoua, plusieurs fois ministre.

Les trois rivaux ont minimisé les soucis d'organisation en mettant l'accent sur la mobilisation des électeurs. "Les enjeux de ces élections, c'est la reprise en mains du destin de notre pays. Parce que nous n'avons que des problèmes graves", a déclaré M. Ziguélé.

Pour M. Méckassoua, "les enjeux de ces élections, c'est la sécurité et la paix. Il y a de cela quelques jours, on nous tirait dessus", a-t-il dit à la presse au PK-5. "Tout ce que je souhaite, c'est que la désorganisation ne puisse pas entacher la sincérité du résultat".

M. Dologuélé a, lui, salué la ferveur des électeurs: "je note un grand engouement. Ce vote est important pour en finir avec la souffrance des Centrafricains".

Les forces internationales (ONU et française Sangaris) étaient mobilisées pour assurer la sécurité du vote, mais aussi des éléments des Forces armées locales (FACA).

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