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L'armée birmane aurait pu "mieux gérer" la crise des Rohingyas, a reconnu jeudi la dirigeante de facto du pays Aung San Suu Kyi.

KEYSTONE/EPA/LUONG THAI LINH

(sda-ats)

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est sortie de son silence jeudi au sujet des deux journalistes de Reuters condamnés à sept ans de prison après une enquête sur un massacre de musulmans rohingyas par l'armée, pour défendre leur emprisonnement.

"Ils n'ont pas été emprisonnés parce que c'étaient des journalistes" mais parce que "le tribunal a décidé qu'ils avaient enfreint" la loi, a-t-elle dit lors du Forum économique mondial de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est à Hanoï. C'est la première fois qu'elle commentait ce jugement prononcé le 4 septembre.

"Si nous croyons en l'État de droit, ils ont tout à fait le droit de faire appel du jugement", a-t-elle préconisé, alors que l'indépendance du système judiciaire birman est sujet à caution. La Prix Nobel de la Paix a été très critiquée à l'étranger pour son silence dans cette affaire, au point d'être qualifiée de "porte-parole des militaires" par un haut-responsable de l'ONU.

Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, ont été reconnus coupables d'avoir enfreint la loi sur les secrets d'Etat, qui date de l'ère coloniale. Ils s'étaient procurés des documents relatifs aux forces de sécurité birmanes dans le cadre de leur enquête sur le massacre de dix Rohingyas au cours d'une opération militaire menée il y a un an dans l'ouest de la Birmanie.

Plusieurs organes de presse et des dizaines d'organisations de la société civile birmane ont dénonce la condamnation des deux journalistes, estimant qu'il s'agissait d'une atteinte à la liberté d'informer. "Je me demande si beaucoup de gens ont vraiment lu le résumé du jugement, qui n'a rien à voir du tout avec la liberté d'expression, mais qui est lié à la loi sur les secrets d'Etat", a déclaré Suu Kyi en réponse à une question posée lors du Forum.

Aurait pu "mieux gérer"

Campant sur sa ligne de défense, elle s'est aussi montrée imperméable aux accusations contre l'armée birmane venues de l'ONU, qui a parlé fin août de "génocide" de la minorité musulmane des Rohingyas. Tout juste a-t-elle concédé que les militaires auraient pu "mieux gérer" la crise. Crise qui a conduit à l'exode au Bangladesh de 700'000 personnes depuis l'été 2017.

"A posteriori, il y a bien sûr des façons dont la situation aurait pu être mieux gérée", a-t-elle dit en marge du Forum économique à Hanoï.

Enquête de l'ONU

Après des mois de blocage par le gouvernement birman, des fonctionnaires de l'ONU ont débuté mercredi une mission en Birmanie afin d'évaluer les conditions d'un éventuel retour des centaines de milliers de Rohingyas qui ont fui le pays. Cette mission intervient dans un contexte de grande tension entre la Birmanie et les Nations Unies.

Des enquêteurs de l'ONU avaient demandé en août que des poursuites soient engagées contre le chef de l'armée et cinq haut gradés. La Cour pénale internationale s'était ensuite déclarée compétente pour enquêter sur certains des crimes perpétrés.

Aung San Suu Kyi est directement visée par le rapport des experts de l'ONU, qui déplore qu'elle n'ait pas utilisé son "autorité morale" pour tenter de faire cesser les atrocités.

Accord de rapatriement

En 2017, sous la menace de l'armée et de milices bouddhistes, plus de 700'000 Rohingyas ont fui le pays. Ils ont trouvé refuge dans d'immenses campements de fortune au Bangladesh.

Un accord de rapatriement a été signé entre Dacca et Naypyidaw fin 2017, mais le processus est au point mort, les deux pays se rejetant mutuellement la faute. Les réfugiés rohingyas refusent, quant à eux, de revenir tant que leur sécurité et leurs droits ne seront pas garantis.

Le rapport complet des enquêteurs de l'ONU est attendu le 18 septembre, et la Birmanie sera au centre des attentions lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies.

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ATS