Toute l'actu en bref

Des gendarmes français en train de maîtriser les flammes qui s'échappent du véhicule de l'assaillant. Une bonbonne de gaz, une kalachnikov, deux armes de poing et un important stock de munitions y ont ensuite été trouvés.

KEYSTONE/AP Noemie Pfister

(sda-ats)

Un homme de 31 ans, islamiste radicalisé, a foncé lundi avec sa voiture chargée d'une bonbonne de gaz et d'armes sur des gendarmes sur les Champs-Élysées avant de mourir dans cet attentat raté. Personne d'autre n'a été blessé.

L'agression n'a pas été revendiquée à ce stade. Elle est survenue peu avant 16h00 au coeur du Paris touristique, près de deux mois après l'assassinat d'un policier le 20 avril par un djihadiste, tué par les forces de l'ordre, déjà à deux pas du Rond-Point des Champs-Elysées.

"Une nouvelle fois, les forces de sécurité en France ont été visées avec cette tentative d'attentat sur les Champs-Élysées. Un escadron de gendarmes mobiles (de Chaumont, Haute-Marne) descendait les Champs-Élysées quand un individu a percuté la voiture de tête", a raconté le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, dénonçant une "tentative d'attentat".

Issu d'une famille salafiste, l'auteur, qui n'avait jamais été condamné, était fiché S (pour Sûreté de l'Etat) depuis 2015 pour son appartenance à la "mouvance islamiste radicale", a-t-on appris de sources concordantes.

Collision

Une bonbonne de gaz, une kalachnikov, deux armes de poing et un important stock de munitions ont été trouvés dans l'automobile de l'assaillant. Il y avait de quoi "éventuellement faire sauter cette voiture", a rapporté le ministre. Ce mode opératoire et ce type de cible sont préconisés par les djihadistes.

La berline s'est embrasée lors de la collision avec le fourgon des gendarmes mobiles qui roulaient en convoi sur cette grande artère très fréquentée. Les gendarmes ont ensuite "extrait l'individu" de la voiture, a relaté le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

Une opération de déminage a d'abord été menée sur les lieux des faits avant que les secours ne prennent en charge l'homme grièvement blessé. Il a succombé peu de temps après, ont rapporté des sources policières sans préciser les causes de la mort.

Perquisition

Une enquête a été confiée à la section antiterroriste de la police judiciaire parisienne et à la DGSI par le parquet de Paris. Une perquisition était en cours lundi soir au Plessis-Pâté, dans l'Essonne, au domicile de l'auteur de l'attentat, selon des sources proches de l'enquête. Des policiers de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) ont investi un pavillon de cette commune semi-rurale, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'assaillant, cadet d'une fratrie "de trois frères et soeurs", vivait là avec sa famille, installée depuis une trentaine d'années, selon une voisine sous couvert d'anonymat.

"On pouvait voir en les croisant dans la rue qu'ils avaient une pratique religieuse très rigoureuse", a déclaré à l'AFP le maire PS du Plessis-Pâté, Sylvain Tanguy, parlant d'une "famille très discrète, qui ne sortait pas beaucoup et n'a jamais fait parler d'elle. C'est la stupeur ce soir". D'autant qu'il n'avait "pas eu de remontée d'informations" sur le profil de l'agresseur.

"Il s'entraînait au tir"

Selon son père interrogé par l'AFP, l'homme "avait une arme qui était déclarée, il s'entraînait au tir". Il bénéficiait d'un permis de détention d'arme, selon une source proche du dossier.

Cette nouvelle attaque dans un pays qui vit sous le régime exceptionnel de l'état d'urgence depuis les attentats de novembre 2015 survient deux jours avant la présentation en Conseil des ministres d'une nouvelle loi antiterroriste. Depuis janvier 2015, la France est visée par une vague d'attentats qui a fait au total 239 morts, plusieurs attentats ciblant particulièrement les forces de l'ordre.

Sur les Champs-Elysées, un lourd dispositif policier et militaire avait été déployé et la circulation coupée pendant quelque temps. Alexandre, 51 ans, était assis sur un banc de l'avenue lorsqu'il a vu "des gens courir dans tous les sens, des touristes. Certains m'ont crié de partir", a-t-il raconté.

Mais deux heures après l'attaque, les touristes avaient déjà repris leurs selfies devant l'Arc de triomphe, entraient et sortaient des magasins comme lors d'une journée ordinaire.

ATS

 Toute l'actu en bref