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Avancées encourageantes de la Birmanie sur le retour des Rohingyas

Amas de tentes dans le camp de réfugiés de Kutupalong au Bangladesh KEYSTONE/AP/WONG MAYE-E sda-ats
Ce contenu a été publié le 20 novembre 2017 - 15:46
(Keystone-ATS)

La cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini a jugé encourageantes les discussions sur le retour des plus de 600'0000 réfugiés rohingyas, lors d'une réunion Asie-Europe lundi en Birmanie. La Chine dit aussi être à l'oeuvre pour sortir la Birmanie de la crise.

"Je trouve très encourageante la possibilité, que j'estime très réelle et concrète, d'un accord entre la Birmanie et le Bangladesh sur le rapatriement des réfugiés, qui constituerait une avancée importante", a-t-elle déclaré devant la presse, avant l'ouverture de cette rencontre du Dialogue Asie-Europe (Asem) présidée par la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, qui est notamment chef de la diplomatie. Cette réunion a été organisée à la demande des Européens.

"Nous encourageons le Bangladesh et la Birmanie à travailler de façon bilatérale sur le problème, avec le soutien de l'Union européenne et de la communauté internationale", a-t-elle ajouté.

Depuis fin août, plus de 600'000 réfugiés rohingyas qui vivaient en Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir une campagne de répression de l'armée birmane.

"L'arrêt des violences, l'arrêt du flot de réfugiés sera capital", a déclaré Mme Mogherini, dans une prudente allusion aux violences.

Soutien à la transition démocratique

Le retour de ces réfugiés est au coeur de discussions commencées il y a plusieurs semaines entre Birmanie et Bangladesh, mais les discussions peinent à avancer. Le chef de l'armée birmane, accusée par les Nations unies d'"épuration ethnique", a d'ailleurs récemment jugé impossible le retour en masse de ces réfugiés comme le propose le Bangladesh.

"J'arrive directement du Bangladesh où j'ai visité des camps de réfugiés" dimanche, a fait valoir Federica Mogherini, qui est restée bien plus prudente que le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, qui a rencontré Aung San Suu Kyi la semaine dernière.

Il s'était dit opposé à des sanctions "pour l'heure", mais avait réclamé une enquête "crédible" sur les accusations de nettoyage ethnique par l'armée.

Les réfugiés au Bangladesh ont témoigné d'exactions, viols ou meurtres de la part des soldats birmans. Depuis, des organisations de défense des droits de l'homme ont appelé à imposer de nouvelles sanctions à la Birmanie, isolée pendant ses années de junte sur la scène internationale.

"L'Union européenne soutient fermement la transition démocratique en Birmanie", a insisté Mme Mogherini, alors que les pays occidentaux ménagent jusqu'ici le gouvernement civil de la prix Nobel de la paix, qui doit composer avec une armée restée très puissante.

Initiative chinoise

La Chine a par ailleurs annoncé être à l'oeuvre dans le dossier, avec une "proposition en trois étapes" présentée ce week-end à Aung San Suu Kyi par le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi et "approuvée", selon Pékin, autant par la Birmanie que par le Bangladesh.

Ces deux pays ont "accepté d'engager entre eux des négociations amiables", a affirmé Lu Kang, porte-parole de la diplomatie chinoise.

La France a aussi fait valoir son point de vue. Le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a apporté son soutien à Aung San Suu Kyi, a-t-il dit lundi à l'issue d'une rencontre avec elle à Naypyidaw, la capitale administrative de la Birmanie.

"Les conditions politiques de son gouvernement ne sont pas simples", a-t-il expliqué. "La démocratie n'est pas encore là en Birmanie (...) Le contexte est sensible et, malgré tout, elle prend des initiatives fortes", a insisté le chef de la diplomatie française.

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