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Sans la validation du SECO, les coiffeurs sans formation reconnue ne sont toujours pas protégés et le dumping salarial augmente (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Patrons et employés de la coiffure espèrent pouvoir compter sur une nouvelle convention collective nationale de travail (CCNT) qui vise à mieux lutter contre le dumping salarial et la fausse indépendance. Mais sans l'aval du SECO, le texte ne peut entrer en vigueur.

Le nouveau dispositif a été ratifié à la fin du mois de mai par les partenaires sociaux. La demande de déclaration de force obligatoire a été elle transmise en juillet au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), comme le veut la règle en la matière.

"Initialement, nous tablions sur une entrée en vigueur de la nouvelle convention collective de travail (CCT) au quatrième trimestre", explique à l'ats Véronique Polito, membre du comité directeur du syndicat Unia. Cette dernière espère que les nouvelles dispositions s'appliqueront au début de l'année prochaine. Mais pour cela, il faut que le SECO les publie dans la feuille officielle.

"Le SECO prend tout son temps. Les adaptations liées au nouveau texte nécessitent sans doute une analyse juridique plus approfondie", note la responsable syndicale.

Damien Ojetti, président de l'organisation Coiffuresuisse qui représente les patrons, affirme qu'il s'agit d'un simple problème administratif qui ne devrait pas tarder à se régler. "Dans ce genre de procédure, il faut compter entre trois et six mois", souligne-t-il.

Contacté, le SECO confirme que l’opération peut prendre plusieurs semaines voire plusieurs mois, du fait notamment des questions juridiques complexes à évaluer. Il ne s’exprime cependant pas sur le contenu de la procédure en cours.

Salaires augmentés

Le nouveau dispositif apporte plusieurs améliorations notamment pour les salariés sans formation reconnue en Suisse, qui sont désormais soumis à la CCT. Le revenu minimal d'entrée dans la profession pour les personnes non qualifiées est fixé à 3350 francs bruts par mois et monte à 3800 francs avec quatre ans d’expérience.

Quant aux employés avec CFC, ils toucheront 4000 francs mensuels, après quatre années de travail. Cela représente une hausse de 200 francs par mois par rapport à la situation actuelle.

Le texte prévoit aussi un congé paternité de cinq jours et un congé pour cause d'enfant malade de trois jours. Il offre aussi 200 francs en plus par mois aux individus qui forment un apprenti.

Stations-service aussi

Mais sans la validation du SECO, ces progrès sont en suspens. "Les personnes sans formation reconnue ne sont toujours pas protégées et le dumping salarial augmente", précise Véronique Polito. La syndicaliste a vu des salons qui proposaient des salaires de moins de 3000 francs. "Sans la nouvelle CCT, nous ne pouvons pas les sanctionner", ajoute la responsable d'Unia, qui dénonce une concurrence déloyale.

Pour Damien Ojetti, l'accessibilité du métier renforce les bas salaires. Tout le monde peut en effet ouvrir son salon et se déclarer coiffeur, sans avoir la formation adéquate et validée par le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). La Suisse compte 10'000 personnes actives dans la coiffure.

A cela s'ajoute l'"ubérisation" du secteur avec de faux indépendants qui louent un fauteuil dans un salon de coiffure.

Ainsi les salons de coiffure à bas prix qui proposent des coupes à 15 francs ne respectent souvent pas, selon Véronique Polito, les salaires minimaux prescrits par le nouveau texte. Et le problème n'est pas près d'être réglé. Le SECO a prolongé jusqu'en mars 2018 l'ancienne CCT dans la coiffure.

Véronique Polito ajoute que le syndicat fait face à la même situation pour les salariés des stations-service. Une CCT a été validée par les syndicats et les employeurs du domaine, mais le texte attend l'aval du SECO depuis bientôt deux ans.

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ATS