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Marseille - Trois lycéens marseillais ont été arrêtés vendredi pendant plusieurs heures pour avoir insulté la fille d'une commandante de police. Ils ont notamment été fouillés au corps et menottés. La préfecture parle de "circonstances discutable" et a ouvert une enquête.
L'incident s'est produit à l'extérieur du lycée Antonin Artaud, dans le 13e arrondissement de Marseille. Trois élèves d'une classe de première ont insulté pour une raison indéterminée la jeune fille, élève d'une autre classe de première de l'établissement, lors d'une pause-cigarette.
Il n'y aurait pas eu de violence physique autre que le jet d'un bouchon de liège sur la tête de la lycéenne, qui a prévenu sa mère, officier de police dans la commune voisine de Plan-de-Cuques.
"Dans la demi-heure suivante, 12 fonctionnaires de police, à bord de trois véhicules de service, dirigés par un commandant de la police nationale, se rendaient au lycée", a dit à Reuters le secrétaire académique du SNES, Alain Barlatier.
La mère de la jeune fille et un autre officier de police ont exigé la remise des lycéens sous peine de procéder à leur arrestation à la sortie de midi. "Pour éviter une émeute à la sortie du lycée", la proviseure de l'établissement a donné son accord.
Les trois lycéens ont été conduits au commissariat de Plan-de-Cuques, dont ne dépend pas administrativement le lycée Artaud. Ils y ont été placés en garde à vue avec fouille au corps, interrogatoire, fichage, menottes aux poignets. Les trois jeunes ont été libérés en fin d'après-midi après l'intervention de l'avocat de l'une des familles.
"Le préfet délégué pour la sécurité et à la défense a saisi ce jour l'Inspection générale de la police nationale afin de déterminer les circonstances de l'interpellation, et les responsabilités de chacun dans le déroulé de la procédure", a indiqué dans la soirée la préfecture dans un communiqué.
Elle évoque les "circonstances discutables" qui ont conduit à l'interpellation et à la mise en garde à vue des trois élèves.
"Cette dérive n'est pas seulement liée à la personnalité de l'officier de police incriminé, mais résulte d'un climat 'tout sécurité' qui permet ce type de dérapage", a estimé M. Barlatier.
"Nous sommes en plein délire. C'est une dérive sécuritaire extrêmement grave où un officier de police confond sa fonction et ses relations familiales", a ajouté le syndicaliste, également professeur au lycée Antonin Artaud.

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ATS