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A 49 ans, Benoît Hamon doit désormais oeuvrer au rassemblement des différentes factions du PS. La tâche s'annonce ardue.

KEYSTONE/AP/THIBAULT CAMUS

(sda-ats)

Le candidat de "La France insoumise", Jean-Luc Mélenchon, somme mercredi Benoît Hamon de choisir entre la vague "dégagiste" et le "sauvetage de l'ancien monde". Le candidat socialiste a tendu la main il y a trois jours à la "gauche de la gauche" et aux écologistes.

"Je dis à Benoît Hamon en toute sympathie: maintenant il faut choisir", déclare le co-fondateur du Parti de Gauche dans une vidéo de dix minutes diffusée sur sa chaîne Youtube. "Vous avez une vague qui est en mouvement. Alors adossez-vous à elle. Faites-vous porter par elle", ajoute-t-il. "Choisissez. Entre eux et nous, choisissez".

La victoire de Benoît Hamon dimanche à la primaire du PS contre l'ancien Premier ministre Manuel Valls a consacré l'aile gauche et conforté le mouvement des "frondeurs". Ceux-ci ont critiqué l'orientation économique prise au cours du quinquennat de François Hollande.

A 49 ans, le député des Yvelines doit désormais oeuvrer au rassemblement des différentes factions du PS. La tâche s'annonce délicate tant sa marge de manoeuvre est limitée.

"Les réformistes"

Signe de l'ampleur du défi, l'aile droite du parti a revendiqué mardi un droit de retrait de la campagne, évoquant un "cas de conscience inédit". Ils estiment que les conditions de soutien à Benoît Hamon ne sont pas réunies.

Le pôle des réformateurs du PS explique notamment ne pas se reconnaître dans sa critique en règle du quinquennat. Il lui reproche en outre sa main tendue à Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts) à qui il a proposé dimanche soir de construire une "majorité gouvernementale".

"Benoît Hamon va devoir infléchir son programme et créer les conditions d'un rassemblement clair et mobilisateur", explique responsable du Parti radical de gauche, qui compte 12 députés à l'Assemblée nationale.

"Il doit entendre les réformistes, qui représentent plus de 41% des électeurs à la primaire", fait-on valoir dans le camp de Sylvia Pinel présidente du PRG, qui a rencontré Benoît Hamon mardi. Ce "pôle réformiste" doit se retrouver mi-février pour faire le point sur la plate-forme commune qu'il appelle de ses voeux dans un contexte de division au sein du PS, alors qu'Emmanuel Macron (En Marche!) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) sont entrés, hors primaire, dans la course à l'Elysée.

Jeu d'équilibriste

De l'autre côté de l'échiquier de la gauche, l'exercice d'équilibriste auquel est contraint Benoît Hamon peine, pour l'instant, à convaincre.

"Ce n'est pas possible que vous nous demandiez de former une majorité parlementaire gouvernementale cohérente (...) en mélangeant des gens qui veulent tourner la page, comme nous, avec des gens qui sont responsables de ce qu'il y a sur la page, comme c'est le cas des députés que vous avez l'intention d'investir pour la prochaine élection", dit Jean-Luc Mélenchon.

"Car nous allons retrouver des gens dont je vous demande comment nous faisons pour ensuite former une majorité avec eux puisque nous les avons combattus pendant des années", ajoute-t-il. "Rien de tout ça n'est sérieux ! On ne peut pas gouverner un grand pays avec des équipes de bric et de broc, les uns qui ont été contre les autres pendant des années, tout soudain se retrouvant et s'embrassant sur la bouche."

"C'est mon point de vue", conclut le co-fondateur du Parti de Gauche. "Vous l'aurez entendu, cher Benoît Hamon, et moi j'entendrai la réponse que vous me donnerez samedi, en fonction du fait que vous aurez ou non investi ces personnes qui n'ont rien à faire dans la majorité parlementaire que vous nous proposez de composer avec vous. En tout cas, nous, de ce genre d'équipage, nous ne ferons jamais partie."

Derrière la droite

Dans un sondage Elabe publié mercredi, Jean-Luc Mélenchon est crédité de 10% des intentions de vote (en baisse de 3 à 4,5 points par rapport à début janvier), derrière Benoît Hamon qui enregistre lui un bond de 10 à 11 points, à 16-17%.

Il est loin derrière la présidente du Front national Marine Le Pen, créditée de 26% à 27% des intentions de vote au premier tour, Emmanuel Macron (22%) et le candidat de la droite, François Fillon (19% à 20%).

ATS

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