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"Vous êtes chez vous", a tenu à dire Sigmar Gabriel aux personnes d'origine turque vivant en Allemagne (archives).

KEYSTONE/AP/HERMANN J. KNIPPERTZ

(sda-ats)

Les autorités allemandes ont cherché samedi à rassurer les trois millions de personnes d'origine turque vivant en Allemagne. Elles leur ont assuré que le vif différend politique et diplomatique entre Berlin et Ankara n'aura aucune conséquence sur leur sort.

Dans une lettre en allemand et en turc publiée samedi dans le quotidien à grand tirage Bild, le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, souligne que l'Allemagne n'en veut pas au peuple turc. Mais il ne peut demeurer les bras croisés quand des ressortissants allemands "innocents" sont incarcérés.

Le gouvernement allemand, la chancelière Angela Merkel en tête, a vivement dénoncé l'arrestation en Turquie de six militants des droits humains, dont un Allemand. Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a comparé vendredi la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan à l'ancienne Allemagne de l'Est.

"Vous êtes chez vous"

"Quelles que soient les difficultés dans les relations entre l'Allemagne et la Turquie, une chose est claire, vous, les personnes d'origine turque vivant en Allemagne, vous êtes chez vous, avec nous, que vous ayez un passeport allemand ou pas," ajoute M. Gabriel dans sa lettre ouverte.

Le ministre rappelle que l'Allemagne entend, au vu du contexte actuel, passer en revue tous les aspects de la coopération bilatérale avec Ankara pour y apporter d'éventuels changements. Vendredi, Berlin annonçait vouloir réexaminer ses livraisons d'armement prévues à la Turquie.

Oublier l'adhésion

Autre politicien allemand, Horst Seehofer estime que les aides financières que l'Union européenne accorde à la Turquie dans le cadre de son processus d'adhésion éventuelle au bloc communautaire devraient être suspendues. M. Seehofer est le chef de l'Union chrétienne sociale (CSU), le petit parti bavarois allié de la CDU de Mme Merkel.

Dans une interview au Welt am Sonntag, il juge que l'idée que la Turquie adhère un jour à l'UE est "bel et bien révolue". Pour lui, ce qui se passe actuellement dans le pays est "inacceptable et insupportable".

"Réaction compréhensible"

"Je crois que nous avons fait preuve d'une grande patience avec la Turquie. Elle ne semble pas apprécier cela", a déclaré au quotidien Die Welt M. Hahn, commissaire européen à l'Elargissement. "La réaction de l'Allemagne est compréhensible", a-t-il ajouté.

La Turquie "s'éloigne de plus en plus des standards européens", a expliqué M. Hahn, alors que les négociations en vue d'une adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE) sont depuis plusieurs années au point mort.

"Les dernières arrestations de militants des droits de l'Homme confirment malheureusement le cap destructeur qu'a pris la Turquie depuis la tentative de coup d'Etat (de juillet 2016), que nous avons fermement condamnée", a poursuivi M. Hahn.

ATS