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Volkswagen veut intervenir sur près d'un million de voitures diesel supplémentaires en Allemagne afin d'en réduire les émissions polluantes (archives).

KEYSTONE/AP Volkswagen of America, Inc./DANIEL BYRNE

(sda-ats)

A deux mois des élections législatives, Berlin a haussé le ton jeudi contre l'un des fleurons de l'économie allemande, l'automobile. Le secteur est décrédibilisé par les soupçons de cartel et de tricherie sur les émissions polluantes des véhicules diesel.

"Une part du lien de confiance non seulement entre l'industrie automobile et les consommateurs mais également entre l'industrie automobile et les responsables politiques a été détruit", a déclaré la ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks. Cette dernière s'exprimait à l'issue d'une entrevue avec le patron de Volkswagen (VW), Matthias Müller.

Cette posture tranche avec la traditionnelle harmonie entre le gouvernement allemand et ce secteur clé, l'un des plus grands employeurs et exportateurs du pays.

Trop confiant

"L'industrie automobile est sans conteste un pilier important de l'économie allemande dont dépendent plusieurs centaines de milliers d'emplois. Et c'est pourquoi les responsables politiques avaient toujours une oreille attentive à ses intérêts", a rappelé la ministre devant la presse.

Mais "la proximité entre le monde politique et cette industrie a été trop grande dans le passé. Elle a conduit à ce que ce secteur se sente trop confiant", a jugé Barbara Hendricks.

La mise au point de la ministre intervient près de deux ans après le scandale Volkswagen. En septembre 2015, le groupe avait avoué avoir installé sur 11 millions de ses véhicules diesel dans le monde un logiciel lui permettant de faire passer ses engins pour moins polluants qu'ils n'étaient vraiment.

Cette affaire a endommagé l'image de l'entreprise et lui a coûté plusieurs milliers d'euros. Elle a aussi eu des répercussions sur l'ensemble du secteur. Dans plusieurs pays, des constructeurs font l'objet d'enquêtes ou de poursuites judiciaires. Et ils sont sommés par les investisseurs et les clients de rendre des comptes.

Revirement

Angela Merkel a défendu les intérêts des constructeurs allemands en Chine et dans l'Union européenne (UE) durant des années. Elle a aussi plaidé pour limiter les contraintes environnementales. Mais Berlin a dernièrement semblé prendre ses distances dans le sillage du scandale du diesel.

"Une voiture fabriquée en Allemagne avait jadis une bonne réputation sur le plan mondial", regrette l'hebdomadaire Die Zeit. Le journal craint désormais la perte de vitesse de la branche automobile allemande si rien n'est fait.

La pression sur le gouvernement Merkel s'est encore accentuée avec les informations du Spiegel de vendredi. Le magazine affirme que les constructeurs allemands auraient tenu, pendant plus de 20 ans, des réunions secrètes pour s'accorder sur nombre d'aspects techniques de leurs voitures. Ils auraient ainsi lésé possiblement consommateurs et sous-traitants, posant les bases de la tricherie sur les émissions polluantes.

Dans la foulée, les Verts ont exigé, sans succès, le départ du ministre des Transports, Alexander Dobrindt. Ils l'accusent d'avoir fermé les yeux. A moins de deux mois des élections législatives allemandes du 24 septembre, le dossier est à la fois prioritaire et extrêmement sensible.

Sommet sur le diesel

Pris en tenaille entre le souci de ne pas léser l'industrie automobile, vitale pour le pays, et leurs obligations en matière de santé publique, Mme Hendricks et M. Dobrindt ont invité constructeurs et pouvoirs publics à un "forum national sur le diesel" mercredi prochain.

Les participants espèrent en ressortir avec des solutions concrètes et uniformes pour réduire les émissions d'oxydes d'azote en Allemagne, alors que plusieurs villes du pays songent à interdire à la circulation, les jours de forte pollution, les véhicules roulant au gazole et que les consommateurs se détournent du diesel.

Le bras de fer a commencé. La ministre de l'Environnement a affirmé que les interdictions de circulation, redoutées par les constructeurs, pouvaient être nécessaires malgré les signes de bonne volonté de l'industrie automobile.

Volkswagen s'est dit prêt à améliorer près d'un million de voitures diesel supplémentaires en Allemagne, dont des Porsche, afin d'en réduire les émissions polluantes. Sa marque Audi veut, elle, rappeler jusqu'à 850'000 véhicules diesel en Europe.

Daimler va, quant à lui, étendre une mesure de rappel à plus de trois millions de véhicules diesel Mercedes-Benz sur le Vieux-Continent, tandis que BMW est prêt à corriger 50% de sa flotte diesel Euro-5 dans le pays, soit environ 350'000 véhicules.

ATS