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Le brasseur SABMiller a annoncé mercredi avoir été approché par le numéro un mondial de la bière, Anheuser-Busch InBev. Ce dernier a l'intention de faire une proposition de rachat pour rapprocher les deux principaux acteurs du secteur.

Aucune proposition formelle n'a toutefois été faite à ce stade. Et le conseil d'administration de SABMiller n'a reçu aucun détail sur les termes d'une proposition, a précisé SABMiller coté à Londres et Johannesburg.

La firme a ajouté que son conseil d'administration se pencherait sur une éventuelle proposition dès que celle-ci serait formulée. Elle donnerait alors sa position.

AB InBev, un géant belgo-brésilien basé à Louvain en Belgique, a confirmé peu après avoir bel et bien approché SABMiller. Il prévient lui aussi qu'il n'y a "aucune certitude" sur le fait que cette tentative débouche "sur une offre ou un accord".

Décision d'ici mi-octobre

AB InBev commercialise entre autres les marques de bière américaine Budweiser, mexicaine Corona et belge Stella Artois. SABMiller écoule les marques tchèque Pilsner Urquell, italienne Peroni, américaine Miller et néerlandaise Grolsch. Ils sont respectivement les numéros un et deux du secteur, devant le néerlandais Heineken et le danois Carlsberg.

En vertu de la réglementation boursière britannique, AB InBev a désormais jusqu'au 14 octobre pour décider de faire une offre ferme ou non. Ce délai peut toutefois être étendu.

Avant les annonces de mercredi, AB InBev représentait quelque 152 milliards d'euros (166,30 milliards de francs) de capitalisation boursière et sa cible, l'équivalent de 66,5 milliards. Le nouvel ensemble issu d'une éventuelle fusion pèserait la bagatelle de 218 milliards d'euros en Bourse.

Leur éventuel rapprochement fait depuis longtemps l'objet de spéculations sur les marchés. Les analystes soulignent la logique de l'opération pour AB InBev, qui augmenterait ainsi ses volumes. Le groupe a en outre les moyens de racheter son concurrent. Mais c'est la première fois que les entreprises elles-mêmes officialisent des discussions.

Parmi les inconnues figure le prix de la transaction. Sans oublier les marques dont les deux géants devraient se débarrasser pour satisfaire les autorités de la concurrence.

Bières artisanales prisées

Ces manoeuvres se font sous la pression des événements. La consommation d'alcool décline et les consommateurs se tournent de plus en plus vers les bières artisanales en Occident mais aussi dans les pays émergents.

Les bières artisanales représentent entre 5 et 9% de la consommation. Leurs ventes augmentent de plus de 10% par an sur les marchés britannique et américain, considérés par les experts comme à l'avant-garde des évolutions du secteur. Cette évolution pointe désormais aussi en Inde et en Chine.

ATS