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Recouverte d'un grand tissu rouge, l'oeuvre en bronze, haute de 5,5 mètres, a été dévoilée en milieu de journée dans la ville natale de Karl Marx, Trèves.

KEYSTONE/AP/MICHAEL PROBST

(sda-ats)

L'Allemagne a célébré samedi le bicentenaire de la naissance de Karl Marx. Elle a inauguré une statue du philosophe de la "dictature du prolétariat" offerte par la Chine, au grand dam de manifestants qui ont conspué l'héritage politique de l'inspirateur du communisme.

Recouverte d'un grand tissu rouge, l'oeuvre en bronze, haute de 5,5 mètres, a été dévoilée en milieu de journée dans la ville natale de Karl Marx, Trèves, près de la France et du Luxembourg, devant près de 1500 personnes, selon la police. Elle représente un Karl Marx en redingote, le visage mangé par sa célèbre barbe fournie, en train d'esquisser un pas en avant.

Des descendants du philosophe allemand, dont la sociologue française Frédérique Longuet-Marx, avaient fait le déplacement. Mais aussi des officiels chinois et la nouvelle présidente du parti social-démocrate allemand, dont l'ADN politique resta lié au marxisme jusqu'en 1959, Andrea Nahles.

"Le SPD n'est depuis longtemps bien sûr plus un parti à la vision marxiste, mais Marx et ses conceptions font encore partie" de sa matrice politique, a-t-elle déclaré. "Et je pense que nous serions bien avisés de relire certaines de ses analyses dans le contexte du temps présent", a-t-elle ajouté.

Un geste inacceptable

Une exposition permanente a été aussi inaugurée dans la matinée dans la maison natale de l'époque baroque, rénovée par la ville, de l'auteur du "Capital". Karl Marx y avait vu le jour le 5 mai 1818.

La ville de Trèves va organiser au cours des prochains mois 600 événements - expositions, concerts, pièces de théâtre, conférences - pour retracer la vie et l'oeuvre du célèbre penseur.

Clou des célébrations, la statue a été offerte par la Chine, pays toujours officiellement communiste et qui continue de revendiquer le marxisme comme socle idéologique.

Un geste inacceptable de la part d'une "dictature autoritaire" pour plusieurs associations ou partis anticommunistes. Ils se sont mobilisés à Trèves pour protester contre l'hommage rendu à celui qu'ils considèrent comme le père des tyrannies communistes.

"Culte" dénoncé

Plusieurs dizaines de personnes de l'Union des groupes de victimes du communisme ont ainsi défilé derrière une banderole montrant Marx trônant sur des crânes humains.

Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), très fort électoralement dans l'ex-RDA communiste, a marché en silence pour dénoncer le "culte de Marx". Il a appelé à "déboulonner" le penseur au nom des "victimes du communisme".

Signe des divisions que l'héritage de l'auteur du "Capital" continue de susciter trente ans après l'implosion du bloc communiste : à l'autre bout de l'échiquier politique, le parti communiste allemand et la gauche radicale ont eux manifesté pour Marx et appelé "les prolétaires de tous les pays à s'unir". Clin d'oeil au fameux slogan lancé par Marx et Engels dans leur "Manifeste du Parti communiste".

Plus de 130 ans après sa mort à Londres, en 1883, Marx reste l'un des intellectuels les plus commentés au monde: critique visionnaire des dangers du capitalisme pour les uns, inspirateur des dictatures soviétique, chinoise ou cambodgienne pour les autres.

Critiques injustifiées

Discréditée après l'effondrement de la dictature soviétique, son oeuvre forgée au temps de la première révolution industrielle a connu depuis un certain renouveau.

Les critiques des dérives du système capitaliste continuent d'y piocher suite à la crise financière de 2007-2008 ou à l'accroissement de l'écart entre riches et pauvres. Et elle inspire des mouvements politiques en Occident.

Pour la gauche radicale allemande, très bien implantée aussi dans l'ex-RDA, les critiques contre l'héritage de Marx n'ont pas lieu d'être. "Si chacun était responsable de ce qui a été fait en son nom, alors Jésus Christ ne devrait plus être accroché dans aucune église", a jugé samedi l'une de ses dirigeantes, Sahra Wagenknecht.

Même le président de la Commission européenne, le conservateur Jean-Claude Juncker, y est allé de son hommage : "Marx n'est pas responsable de toutes les atrocités dont ses héritiers supposés doivent répondre", a-t-il dit à Trèves.

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ATS