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"J'aurais dû me retirer après le Mondial 2014", a confessé le président démissionnaire de la FIFA Joseph Blatter dans un entretien à l'agence russe Tass.

"J'aurais dû trouver le courage de le faire", a poursuivi le Valaisan. "Mais cinq des six associations continentales m'ont prié de rester. Elles avaient peur que l'Europe prenne le pouvoir et que l'UEFA puisse ainsi contrôler tout le monde du football."

Sepp Blatter reproche au patron de l'UEFA Michel Platini - qui est comme lui suspendu 90 jours dans l'affaire du paiement controversé de 2 millions de francs - d'avoir provoqué le scandale FIFA. "Au début ce n'était qu'une attaque personnelle, c'était Platini contre moi, puis c'est devenu politique", a-t-il affirmé.

"(Platini) a commencé (à me critiquer) et ensuite c'est devenu politique. Et alors ce n'était plus Platini contre moi. C'était aussi ceux qui ont perdu (l'organisation) des Coupes du monde. Angleterre contre Russie (réd: le pays hôte du Mondial 2018), et les Etats-Unis qui ont perdu le Mondial (2022) face au Qatar", argumente-t-il. "La Coupe du monde et le président de la FIFA ne sont qu'un ballon au milieu du jeu des grandes puissances", a insisté le Valaisan de 79 ans.

Revenant sur 2010 et la désignation de la Russie et du Qatar pour organiser les Mondiaux 2018 et 2022, M. Blatter accuse une nouvelle fois le patron du football européen d'avoir fait volte-face. "En 2010, nous avions pris une double décision, raconte-t-il: nous nous étions mis d'accord pour aller en Russie (...) Et en 2022, nous reviendrions aux Etats-Unis. Ainsi nous aurions les Coupes du monde dans les deux plus grandes puissances".

Mais, selon M. Blatter, tout a changé après "cette réunion entre (le président Nicolas) Sarkozy et le prince du Qatar (Tamim ben Hamad al Thani) qui dirige actuellement l'émirat", réunion suivie d'un déjeuner entre les deux dirigeants et Platini. Après cela, "lors du vote à bulletins secrets (pour désigner le pays hôte du Mondial 2022), quatre voix européennes ont lâché les Etats-Unis et le résultat a été de 14 (voix) à 8 (pour le Qatar)", poursuit M. Blatter. Si ces quatre voix n'avaient pas basculé, "cela aurait été 12 à 10 (pour les Etats-Unis). Et si les Etats-Unis avaient reçu ce Mondial, nous ne parlerions aujourd'hui que de cette merveilleuse Coupe du monde 2018 en Russie, et nous ne parlerions d'aucun problème à la FIFA".

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ATS