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"Nous voulons la justice, nous vivons une crise institutionnelle, le pays a peur, Malte est sous la coupe de tyrans qui font ce qu'ils veulent", a dénoncé un manifestant pendant un discours.

KEYSTONE/AP/RENE ROSSIGNAUD

(sda-ats)

Des milliers de Maltais sont descendus dans les rues dimanche pour marquer leur désir d'unité après l'assassinat de la journaliste et blogueuse anticorruption Daphne Caruana Galizia. Cela dans un pays marqué par des fractures partisanes ancestrales.

A la fin de la manifestation dans les rues de la capitale La Valette, la présidente de l'archipel Marie-Louise Coleiro Preca a reçu les organisateurs. Ceux-ci devaient lui remettre un texte présentant leurs inquiétudes et leurs demandes. Parmi leurs exigences figurent les démissions du responsable de la police et du procureur général.

"Nous voulons la justice, nous vivons une crise institutionnelle, le pays a peur, Malte est sous la coupe de tyrans qui font ce qu'ils veulent", a dénoncé l'un d'eux pendant un discours.

"Daphne n'a pas été tuée parce qu'elle mentait. Elle n'a pas été tuée parce qu'elle offensait quelqu'un avec ses mots", a affirmé Manuel Delia, un blogueur. "Elle a été tuée parce qu'elle avait découvert le mal qui a affaibli ce pays où règne la cupidité et où la justice a laissé la place au désir d'argent à tout prix."

Elus interdits de parole

Tous issus de la société civile, les organisateurs du rassemblement avaient donné pour consigne de venir avec un drapeau maltais, sans aucun signe d'appartenance politique, et interdit aux élus de prendre la parole.

"Les journalistes ne seront pas réduits au silence", "Nous n'avons pas peur" ou encore "Il y a des escrocs partout", pouvait-on lire sur les pancartes brandies dans le cortège de la City Gate, l'entrée principale de la ville.

Exceptionnellement ce dimanche, tous les journaux maltais, y compris ceux émanant des partis politiques, devaient publier la même "Une" frappée du slogan : "Le stylo plus fort que la peur".

Un million de récompense

Souvent qualifiée de "Wikileaks à elle toute seule", M. Caruana Galizia, 53 ans, avait révélé certains des pans les plus sombres de la politique maltaise.

Le gouvernement assure que tout sera fait pour retrouver auteurs et commanditaires de l'assassinat. Samedi, il a offert une récompense d'un million d'euros pour toute information.

En attendant, fleurs, bougies et messages s'amoncellent devant un autel improvisé en face du palais de justice de La Valette.

Politique polarisée

Depuis longtemps, la vie politique maltaise est polarisée entre les travaillistes (centre gauche) au pouvoir depuis 2013 et les nationalistes (centre droit). Dans ce contexte, l'assassinat de Mme Caruana Galizia exacerbe les querelles partisanes.

Le Premier ministre travailliste, Joseph Muscat, dont elle attaquait régulièrement l'entourage proche, a reconnu cette semaine qu'elle était sa "plus grande adversaire". Mais il a rappelé qu'elle s'était récemment attaquée aussi au nouveau dirigeant de droite, Adrian Delia, l'accusant d'avoir un compte offshore à Jersey.

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ATS