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L'accord financier est l'un des trois points indissociables, avec le droit des citoyens expatriés et la frontière irlandaise, qui doivent être réglés avant de pouvoir discuter de la "future relation", a rappelé Michel Barnier.

KEYSTONE/EPA/OLIVIER HOSLET

(sda-ats)

Le négociateur européen pour le Brexit Michel Barnier a rappelé mercredi les trois priorités à traiter avant que puissent commencer les discussions sur un accord commercial avec le Royaume-Uni. Le futur statut des ressortissants européens figure au premier rang.

"Nous voulons que les ressortissants de l'UE qui vivent en Grande-Bretagne aient les mêmes droits que les citoyens britanniques qui vivent dans l'UE", a déclaré Michel Barnier lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Or, a-t-il ajouté, la position adoptée par le Royaume-Uni, qui veut que les droits des citoyens relèvent du droit britannique, ne garantit pas cette égalité des droits.

Pour Michel Barnier, la Cour européenne de justice doit être "le garant ultime" de ces droits. Si Londres s'y oppose, "cela créerait de l'incertitude", a ajouté le Français. Aux droits des citoyens s'ajoute la question de la facture du Brexit et celle de la frontière avec l'Irlande.

Sujets inséparables

Pour que les discussions puissent commencer sur les questions commerciales comme le souhaitent les Britanniques, il faut d'abord progresser sur ces trois priorités du Brexit, a ajouté l'ancien commissaire européen.

"Ces trois sujets de priorité pour la première phase des négociations sont inséparables. En d'autres termes, des progrès sur un ou deux de ces sujets ne seront pas suffisants pour continuer sur les discussions à propos de notre future relation avec le Royaume-Uni", a-t-il ajouté.

Guy Verhofstadt, le coordinateur des travaux du Parlement européen sur le Brexit, a émis le même genre de critique à propos de la garantie des droits des citoyens. Il s'exprimait dans une tribune publiée lundi dans le quotidien britannique The Guardian.

La facture du divorce

Michel Barnier a également averti que le temps était compté pour régler le contentieux sur la facture du divorce entre les deux parties. Il répondait aux piques du ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson sur ce sujet.

"L'heure tourne", a lancé M. Barnier. M. Johnson a affirmé mardi que les responsables européens pouvaient "toujours courir" pour que Londres paye la facture du Brexit évaluée à plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Pour M. Barnier, il s'agit d'une question de "confiance" entre les deux parties qui négocient. "Cette question est majeure pour créer les bases dont nous avons besoin pour commencer la discussion sur la future relation" entre Bruxelles et le Royaume-Uni, a souligné le Français.

Question épineuse

"Comment bâtissez-vous une relation sur le commerce, la sécurité, la défense, sur d'autres sujets, les universités par exemple, dans la durée, sur le long terme, avec un pays s'il n'y a pas de confiance?", a demandé M. Barnier.

"Il faut d'abord la confiance. La confiance passe par redonner de la sécurité aux 4,5 millions de citoyens britanniques et européens, elle passe aussi par solder les comptes", a-t-il poursuivi.

Il a reconnu que la question financière serait particulièrement épineuse. "Solder les comptes (...) ce n'est pas facile, ça coûte cher dans toute séparation. Nous ne demanderons pas au Royaume-Uni un euro, une livre de plus que ses engagements", pris au cours de son adhésion à l'UE, a-t-il promis.

Discussion "ligne par ligne"

Mais Londres "doit reconnaître l'existence de ces obligations financières", a insisté M. Barnier. Alors seulement le travail sur l'établissement d'une "méthodologie" sur le mode de calcul pourra se faire. Le négociateur en chef européen a indiqué qu'il était prêt à discuter "ligne budgétaire par ligne budgétaire" avec les Britanniques.

ATS