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L'ancien premier ministre bulgare Boïko Borissov n'a pas remporté un vote d'adhésion, mais a "rassuré" les électeurs, selon un politologue.

KEYSTONE/AP/VADIM GHIRDA

(sda-ats)

L'ex-Premier ministre conservateur bulgare Boïko Borissov, fort d'une victoire face aux socialistes aux législatives dimanche, a débuté lundi sa quête d'alliés pour former un gouvernement. Il espère s'assurer un troisième mandat sous le signe de la stabilité.

Les résultats officiels sur la base de la quasi-totalité des bulletins accordent à son parti Gerb 32,6% des suffrages et 95 élus sur 240, soit plus que dans le Parlement sortant (84). Cette réussite sonne comme une heureuse surprise pour Boïko Borissov dont le camp était donné depuis plusieurs semaines au coude à coude avec les socialistes du PSB.

Ces derniers, avec 27% des votes (80 sièges), ont plus que doublé le nombre de leurs députés, mais ont échoué à ravir le pouvoir aux conservateurs qui dominent la scène politique depuis 2009.

Contacts avec les nationalistes

Depuis l'annonce des résultats, de premiers contacts officieux ont été noués entre le camp de l'ex-Premier ministre et les nationalistes arrivés à la troisième place (9,1%, 27 sièges). Regroupés sous l'étiquette des "Patriotes unis", ceux-ci semblent être un partenaire difficilement contournable pour M. Borissov.

Cette coalition de partis hostiles aux migrants, aux musulmans et aux roms avait soutenu son ancien gouvernement sans y participer. L'un de ses responsables, Valeri Simeonov, a affirmé lundi que "les négociations pouvaient durer au moins un mois".

Pas d'alliance avec les musulmans

M. Borissov ne souhaite en revanche pas s'allier avec le MDL, parti historique de la minorité musulmane - principalement turque - de Bulgarie, arrivé juste derrière les nationalistes (8,9%, 26 sièges). Cette formation pâtit d'une mauvaise réputation en raison de l'implication de certains députés dans des affaires de corruption.

Le MDL s'affiche contre la politique du président turc Recep Tayyip Erdogan. Un nouveau parti turc, Dost, soutenu par Ankara, n'a pas réussi à entrer au Parlement. Le soutien apporté par le gouvernement turc à cette formation durant la campagne a provoqué des accusations d'ingérence de la part des autorités bulgares et des tensions entre les deux pays.

Le parti populiste Volya (4,1%, 12 sièges), lui, a exigé lundi d'entrer au gouvernement. Il a rejeté la possibilité d'un soutien parlementaire sans participation.

Boïko Borissov est rompu à ces négociations inévitables dans le système bulgare de proportionnelle à un tour. Entamé en 2014, le deuxième mandat du chef du Gerb, qu'il a écourté en démissionnant fin 2016, a été miné par les désaccords au sein de la coalition. Son premier mandat, de 2009 à 2013, s'était également terminé par une démission.

Un vote "rassurant"

Le prochain gouvernement risque d'être tout aussi instable. Les analystes soulignent déjà les divergences des conservateurs avec les nationalistes qui exigent une ligne intransigeante vis-à-vis de la Turquie et d'importantes hausses des retraites.

Boïko Borissov n'a pas remporté un vote d'adhésion, mais a "rassuré", estime le politologue Haralan Alexandrov, alors que le rapprochement prôné par le FSB avec la Russie inquiétait de nombreux électeurs.

L'ex-Premier ministre a joué des peurs vis-à-vis d'une situation internationale perçue comme instable, en raison de la crise migratoire et de tensions avec la Turquie. Tout en prônant des rapports "pragmatiques" avec Moscou, il défend un alignement fidèle sur les positions de l'UE et de l'Otan.

ATS

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