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Le président burkinabè Michel Kafando a désigné jeudi un groupe de sages afin de "décrisper la tension sociale" au Burkina Faso. Une crise oppose depuis une dizaine de jours le Premier ministre Isaac Zida à la garde présidentielle, qui réclame sa démission.

Le pays attendait jeudi soir une réaction officielle publique du chef de l'Etat, ancien diplomate et arbitre silencieux de cette crise, et notamment qu'il tranche le litige en faveur d'une des deux parties, ce qu'il n'a pas fait. Il a par contre demandé à des "sages" de promouvoir "la décrispation de la tension sociale actuelle" en privilégiant "l'unité et la cohésion de l'armée" ainsi que "la poursuite du processus de transition vers des élections apaisées en octobre", selon un communiqué.

Lors de leur première réunion jeudi autour du président Kafando, les sages se sont prononcés pour un "status quo" au sujet de la garde présidentielle, avec laquelle Isaac Zida est en crise ouverte, indique ce texte, sans plus de précisions. D'après une source proche de la présidence burkinabè, les sages sont notamment issus des autorités coutumières et religieuses du pays.

Le Burkina est divisé autour du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Ce corps d'élite, qui fut le bras armé de l'ex-président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre après 27 ans de règne, exige le limogeage du lieutenant-colonel Zida, qui est pourtant son numéro deux.

Rumeurs de complot

Le gouvernement burkinabè a affirmé qu'un complot contre M. Zida fomenté par des membres du RSP avait été déjoué le 28 juin. Mais des officiers du régiment controversé accusent le chef du gouvernement d'avoir monté "un faux complot contre sa personne afin de créer des troubles et de se maintenir au pouvoir".

Les chefs militaires burkinabè ont de leur côté demandé vendredi dernier au président Michel Kafando de former un gouvernement composé de civils pour mettre fin à cette nouvelle crise.

Le Premier ministre a démenti lundi avoir démissionné, quand des rumeurs affirmaient la veille que le président avait exigé son départ. Il a lancé mardi devant un millier de sympathisants qu'il tiendrait "ferme" à son poste.

Les autorités de transition, mises en place après la chute de Blaise Compaoré, devront rendre les rênes du pays au nouvel exécutif issu de la présidentielle d'octobre.

ATS