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La Cour constitutionnelle du Burundi a proclamé les résultats définitifs des élections sénatoriales du 24 juillet remportées par le parti au pouvoir, a annoncé mercredi la présidence burundaise. La voie à la prestation de serment de Pierre Nkurunziza est ouverte.

"La Cour constitutionnelle a validé ce mardi 4 août 2015 les résultats des élections sénatoriales tenues le 24 juillet 2015", a annoncé la présidence sur Twitter. La Cour a confirmé les résultats proclamés par la commission électorale, accordant 33 des 36 sièges de sénateurs élus au CNDD-FDD, parti de M. Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005.

Les sénateurs étaient élus au suffrage indirect par les conseillers communaux eux-mêmes élus le 29 juin, un scrutin largement remporté par le CNDD-FDD. S'y ajoutent quatre anciens chefs de l'Etat, sénateurs à vie de par la Constitution.

La Cour avait déjà validé les résultats des législatives et communales du 29 juin et de la présidentielle du 21 juillet. Elle a vu la réélection de M. Nkurunziza au premier tour avec plus de 69% des voix, pour un troisième mandat que ses adversaires jugent contraire à la Constitution.

Troisième mandat contesté

La validation - sans surprise - des sénatoriales, ouvre la voie à la prestation de serment de M. Nkurunziza. Cette prestation de serment, qui marquera le début du 3e mandat de M. Nkurunziza, doit avoir lieu au plus tard le 26 août, date d'expiration de son mandat actuel.

La détermination sans faille de M. Nkurunziza à conquérir un 3e mandat malgré les critiques de l'opposition, de la société civile, de la puissante Église catholique, de la communauté internationale et même d'une partie de son camp, a plongé depuis fin avril, son petit pays d'Afrique centrale dans une grave crise politique émaillée de violences meurtrières, empêchant des élections crédibles selon la communauté internationale.

Le pouvoir a fini par étouffer un mois et demi de manifestations quasi quotidiennes à Bujumbura, violemment réprimées. Il a maté une tentative de coup d'Etat militaire en mai.

Sécurité en péril

Mais la situation sécuritaire continue de se dégrader au Burundi, avec des attaques armées dans le nord du pays et surtout l'assassinat dimanche du bras droit de M. Nkurunziza, le général Adolphe Nshimirimana, homme fort du système sécuritaire burundais. Il a été tué dans une embuscade à la roquette en plein Bujumbura.

Les observateurs s'inquiètent d'un possible retour des violences à grande échelle au Burundi, dont l'histoire postcoloniale est jalonnée de massacres ethniques. Il se remettait depuis dix ans d'une longue et sanglante guerre civile ayant fait 300'000 morts entre 1993 et 2006.

ATS