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La jungle de Calais peu après son démantèlement à fin octobre 2016 (archives)

KEYSTONE/AP/THIBAULT CAMUS

(sda-ats)

Un rapport commandé par le gouvernement français estime "plausibles" certains abus des forces de sécurité à l'encontre des migrants de la "Jungle" de Calais. Ce rapport juge toutefois "improbable" l'utilisation de gaz poivre un an après le démantèlement du site.

Le ministère de l'intérieur considère que ce rapport écarte les "allégations les plus graves" de l'ONG Human Rights Watch (HRW) qui avait accusé fin juillet les forces de l'ordre de mauvais traitements.

Depuis le démantèlement de la "Jungle" le 24 octobre 2016, des centaines de migrants sont revenus sur place en espérant gagner la Grande-Bretagne. Leurs conditions de vie ont été dénoncées plusieurs fois ces derniers mois par des ONG, alors que HRW a accusé la police française d'utiliser régulièrement du gaz poivre contre les migrants.

Le rapport mis en ligne lundi affirme que "l'accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d'emploi de la force et à la déontologie policière".

Mais considère l'utilisation de gaz poivre comme "hautement improbable" et "sans fondement". Il évoque en revanche un "usage jugé abusif des gaz lacrymogènes" pour perturber la distribution de repas ou le sommeil de migrants.

Divers "manquements"

"Plusieurs témoignages concordants et de sources diverses semblent confirmer un usage de la force disproportionné, voire injustifié, à l'encontre de migrants et de membres d'organisations humanitaires sur place", écrivent les rapporteurs qui ont rencontré 93 personnes et ont eu des échanges informels avec une centaine de migrants.

La "destruction d'affaires appartenant aux migrants" ou le non-respect du port du matricule sont quelques-uns des "manquements" listés par le rapport. Celui-ci insiste cependant aussi sur la "situation particulièrement difficile" à laquelle sont confrontées les forces de l'ordre.

"Aucun élément du rapport ne permet d'apporter la preuve des allégations les plus graves formulées par Human Rights Watch", a aussitôt réagi par communiqué le ministère de l'intérieur. Les manquements "plausibles" ne sont pas "établis par des preuves" et ne permettent pas "de mettre en cause, de manière établie et certaine, l'action des forces intervenantes", a ajouté le ministère.

Migrants évacués à Lille

A Lille, une centaine de migrants ont été évacués mardi matin d’une friche du centre-ville pour être dirigés vers des structures d’accueil, a constaté Reuters. Les policiers se sont déployés en début de matinée aux abords de l’ancienne gare Saint-Sauveur, non loin de la mairie, et ont regroupé les migrants encore sur place.

Ce camp de tentes avait vu le jour au début de l’été et avait progressivement grandi pour atteindre jusqu’à environ 150 personnes. Le tribunal administratif de Lille avait ordonné son évacuation au début du mois d’octobre, en raison des conditions d’hygiène et de sécurité.

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ATS