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L'équipe du film "Les fantômes d'Ismaël" du Français Arnaud Desplechin

KEYSTONE/EPA/GUILLAUME HORCAJUELO

(sda-ats)

L'actrice Lily-Rose Depp et le réalisateur Asghar Farhadi ont donné le coup d'envoi mercredi soir du 70e Festival de Cannes. Ce rendez-vous incontournable du 7e Art s'offre une polémique sur le rôle de Netflix, dont deux films sont en lice pour la Palme d'or.

Aux côtés de l'actrice de 19 ans, fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp, le cinéaste iranien primé à Cannes et aux Oscars a souhaité aux festivaliers "12 jours plein d'enthousiasme et de dialogue, 12 jours pour découvrir des films qui vous feront réfléchir à la condition humaine aujourd'hui".

Pedro Almodovar, président du jury, a souhaité que les 19 films en compétition le nourrissent et l'inspirent. La Palme, cette année sertie de dizaines de diamants, sera décernée le 28 mai.

"Je promets d'être subjectif, passionné et souple", a déclaré le réalisateur espagnol, avant que les autres membres du jury montent à leur tour sur scène. Parmi eux, l'acteur américain Will Smith, l'actrice chinoise Fan Bingbing, le réalisateur italien Paolo Sorrentino et la réalisatrice et actrice française Agnès Jaoui.

Desplechin ouvre le bal

"L'identité du cinéma n'a ni sexe, ni drapeau, ni frontière", a déclaré la maîtresse de cérémonie, Monica Bellucci, vêtue d'une longue robe marine. Elle a rendu hommage à Almodovar, "l'homme qui aime les femmes", en embrassant fougueusement dans un sketch l'humoriste français Alex Lutz sur la musique de "Talons aiguilles".

Des extraits des films en compétition ont été montrés au public: de l'Autrichien Michael Haneke aux benjamins américains, les frères Safdie, en passant par le Français Robin Campillo.

La soirée a débuté avec la projection des "Fantômes d'Ismaël" du Français Arnaud Desplechin, un habitué de la Croisette. Son film aborde les tourments amoureux d'un réalisateur confronté au retour d'une femme aimée et disparue vingt ans plus tôt. Aux côtés de son acteur fétiche Mathieu Amalric, Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg apparaissent pour la première fois ensemble à l'écran.

Soirée surprise mardi

Après le lancement du marathon cinématographique, quelque 800 invités devaient participer au dîner officiel à l'hôtel Martinez, à l'autre bout de la Croisette. "Jamais nous n'avons invité autant de stars internationales", s'est félicité le président du festival Pierre Lescure.

Un grand dîner de gala réunissant des personnalités ayant marqué l'histoire du festival, dont de nombreux "palmés", est annoncé pour mardi prochain. Leurs noms sont tenus secrets, mais le délégué général Thierry Frémaux a promis une "belle montée des marches".

Netflix s'invite dans le débat

La première journée du grand rendez-vous mondial du cinéma a été aussi marquée par les déclarations de Pedro Almodovar, qui a estimé que la Palme d'or devrait sortir en salles, mettant ainsi la pression sur Netflix, dont deux films sont en compétition.

"Ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix décerné à un film ne puisse pas être vu en salles", a-t-il commenté. Le géant américain du streaming ne prévoit par exemple pas de sortir dans les salles françaises "Okja" et "The Meyerowiitz Stories".

Pour Almodovar, ces deux films ne sauraient remporter aucun prix à Cannes. A moins d'un rétropédalage de Netflix, qui a annoncé une sortie en salles en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, en même temps que sa diffusion sur sa plateforme aux 100 millions d'abonnés.

L'annonce de la présence de Netflix en compétition cannoise a depuis quelques semaines bousculé le milieu du septième Art, ce nouvel arrivant étant en concurrence directe avec les salles de cinéma.

L'un des jurés, Will Smith, a exprimé une position plus nuancée. "Chez moi, aux Etats-Unis, Netflix est utile car (les gens) peuvent voir des films qu'ils n'auraient pas pu voir autrement", a-t-il dit, sans préciser que son prochain film "Bright" est produit par le géant américain.

ATS

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