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Une exposition avec notamment les dessins des lauréats a été inaugurée à Genève.

KEYSTONE/EPA KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

Les dessinateurs de presse étaient à l'honneur mardi à Genève. Le caricaturiste kényan Gado et le Malaisien Zunar ont été récompensés par le Prix international consacré à cet art, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Les deux dessinateurs sont menacés dans leur pays et ne peuvent plus exercer leur métier. Ils "nous mettent face à notre responsabilité de préserver la liberté d’expression", a dit le président d'honneur de la Fondation suisse Cartooning for Peace (Dessiner pour la Paix, NDLR), l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. Une protection des dessinateurs que souhaite également le conseiller administratif genevois Guillaume Barazzone.

Gado, de son vrai nom, Godfrey Mwampembwa, vient de perdre son emploi de dessinateur de l'un des quotidiens les plus importants d'Afrique centrale et de l'Est. Il a contesté devant la justice cette mesure. Il dénonçait dans ses dessins la corruption des dirigeants africains.

Mais aussi l'impunité de certains d'entre eux face à la Cour pénale internationale (CPI). La relation des médias avec les autorités "est inquiétante dans de nombreux pays africains", a affirmé mardi matin Gado lors d'un débat à l'ONU.

Lauréat malaisien pas content avec Charlie Hebdo

Zulkiflee Anwar Ul-Haque, ou Zunar, est le dessinateur de presse le plus connu de Malaisie. Il a été détenu deux fois et risque 43 ans de prison pour sédition. En cause, son humour pour révéler les abus de pouvoir, la corruption ou encore la crise judiciaire dans son pays. Il s'en est notamment pris au Premier ministre Najib Razak. Ses éditeurs ne peuvent plus publier ses livres et albums.

Plus d'un an après la tuerie de Charlie Hebdo, les dessins mis en cause par les terroristes provoquent toujours le débat. "Comme musulman, je ne suis pas content avec leur contenu. Mais je n'ai pas le droit d'être violent", affirme Zunar. Il préfère répondre avec ses propres dessins.

Pour l'Américaine Liza Donnelly aussi, les dessinateurs ont malgré tout une responsabilité "d'être prudent". Elle a rappelé la division aux Etats-Unis après la tuerie.

Exposition à Genève

Les réseaux sociaux et Internet ont changé la donne et des dessins en Europe peuvent être critiqués partout dans le monde. Et pourtant, "on continue à faire le travail comme si on était dans des démocraties sécurisées", affirme le Français Plantu, sous protection policière quotidienne. Il admet aussi que certains dessinateurs sont méchants. "Le risque s'est globalisé", renchérit Patrick Chappatte.

"N'importe quel système politique a besoin de critiques. Y compris de provocateurs". Outre le dessinateur genevois, Plantu et Mme Donnelly constituaient le jury avec le directeur de l'ONG Human Rights Watch Kenneth Roth et M. Barazzone.

Le Prix international du dessin de presse est remis tous les deux ans. Il a été décerné pour la troisième fois. Une exposition dévoile elle une centaine d'oeuvres des lauréats et d'autres dessinateurs. Elle a été inaugurée mardi à Genève.

ATS