Toute l'actu en bref

Le dessinateur malaisien Zunar as Zulkiflee Sm Anwar Ulhaque lors d'une exposition organisée par Cartooning for peace sur les quais de Genève en 2016 (archives).

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

L'association Cartooning for Peace épingle une dizaine de pays pour des "atteintes à la liberté d'expression" des caricaturistes de presse. Elle publie mercredi un premier atlas mondial sur la question à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.

Turquie, Egypte, Russie, Jordanie, Inde, Malaisie, Equateur, Kenya ou Venezuela: avec cette carte alertant sur le sort des dessinateurs de presse, ce réseau international fondé il y a plus de dix ans entend "donner une lisibilité sur les dangers et menaces" encourus par les caricaturistes, mais "sans pour autant en dresser une liste scientifique et exhaustive".

Cette carte "donne un aperçu des atteintes à la liberté d'expression des dessinateurs sur la période 2016/2017", documentées par Cartooning for Peace, selon l'association fondée par les dessinateurs français Plantu et suisse Chappatte.

Turquie

Le rapport alerte notamment sur la situation de la Turquie où des journalistes qui exercent leur métier par la caricature sont emprisonnés. A l'instar du dessinateur Musa Kart, 63 ans, qui après six mois passés en prison avec certains de ses collègues du journal Cumhuriyet, est accusé de "collusion avec une organisation terroriste, sans en être membre". Il risque "une peine maximale de 29 ans" , selon le rapport. le procès est fixée au 24 juillet 2017.

"Tous les journalistes en Turquie courent le risque d'être injustement et habilement accusés de terrorisme", souligne Cartooning for Peace.

"Témoins uniques de l'actualité"

Plus globalement, les dessinateurs de presse sont des "témoins uniques de l'actualité" et de "véritables baromètres de la liberté d'expression", estime l'association. Selon elle, les menaces recensées dans le rapport "nous renseignent sur l'état de la démocratie dans les périodes d'insécurité et de troubles".

Soulignant "un contexte d'aggravation des atteintes à la liberté d'expression", elle admet avoir "choisi de traiter le cas de certains pays et de certains dessinateurs plutôt que d'autres" mais assure que cela "ne minimise en rien les situations et les contextes difficiles dans lesquels se trouvent d'autres caricaturistes".

Cartooning for Peace a été créée en 2006 au siège des Nations Unies à Genève et placée sous le patronage de l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

ATS

 Toute l'actu en bref