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Alors que l'Europe transpire sous la vague de chaleur, des chercheurs de l'EPFZ livrent une nouvelle explication à cette situation exceptionnelle. Des masses d'air ascendantes libèrent de la chaleur qui contribue à stabiliser la haute pression.

Les situations météorologiques extrêmes en Europe sont souvent dues à un "blocage atmosphérique". Une zone de haute pression stable dans la troposphère, entre 5000 et 10'000 mètres d'altitude, repousse les basses pressions. En été, de telles "îles de beau temps" atteignant 2000 kilomètres peuvent se former, a indiqué mardi l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).

Ces îles interrompent le courant d'ouest provenant de l'Atlantique Nord qui détermine généralement le temps dans nos régions. Jusqu'ici, pour expliquer ces "blocages", les scientifiques se concentraient principalement sur la circulation des masses d'air dans la troposphère supérieure.

L'équipe d'Heini Wernli, de l'EPFZ, a analysé les données des 21 dernières années et constaté que les masses d'air ascendantes provenant de la basse troposphère sont également déterminantes pour la naissance et la persistance de tels systèmes.

"Chaleur latente"

Un processus nommé "chaleur latente" est en cause. Dans les masses d'air ascendantes se produit un changement d'état: de la vapeur d'eau se condense, formant des nuages, ce qui libère de l'énergie latente. C'est le contraire de la transpiration, lorsque de l'eau s'évapore pour refroidir le corps, explique Stephan Pfahl, co-auteur de ces travaux, cité dans le communiqué de l'EPFZ.

Le paquet d'air se réchauffe et peut ainsi continuer à monter en altitude. Ce phénomène fournit donc une partie des forces nécessaires à l'ascension des masses d'air, écrivent les scientifiques dans la revue Nature Geoscience.

Les résultats montrent que dans les trois jours avant que les masses d'air ne parviennent dans la région de blocage, environ 45% d'entre elles sont réchauffées de cette manière. Au cours de la semaine précédente, ce chiffre monte même à 70%.

Mieux prédire les périodes de blocage

Pour leur étude, les chercheurs ont analysé de nombreuses données européennes provenant de mesures au sol, de ballons, d'avions ou de satellites. Leurs conclusions sont importantes car avec le réchauffement climatique, la fréquence des situations de blocage pourrait changer: avec davantage d'humidité dans l'air, la libération de chaleur latente pourrait augmenter. Mais cela reste spéculatif, écrit l'EPFZ.

Ces travaux pourraient également aider à prédire plus précisément le début et la fin des périodes de blocage. De telles situations se produisent également en hiver, entraînant du stratus avec une inversion des températures pouvant aller de la plaine du Pô au Nord de l'Allemagne.

ATS