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(sda-ats)

Il n'y a jamais eu aussi peu de chamois dans le canton de Fribourg depuis 2001. Ce cas reflète le recul global du cheptel en Suisse. La faute à une chasse trop intensive que les chasseurs se sont engagés fin 2016 à réguler.

Au printemps dernier, le canton de Fribourg dénombrait 1878 chamois, soit 11% de moins en un an, a dit à l'ats Elias Pesenti, collaborateur scientifique du Service cantonal des forêts et de la faune (SFF). Il revenait sur une information de La Liberté et de La Gruyère parue mardi.

Le phénomène est global: la Suisse voit sa population de chamois s'amenuiser depuis près de vingt ans. En 2005, plus de 97'000 spécimens gambadaient dans le pays, contre environ 91'000 actuellement. Preuve de la raréfaction de l'animal: les chasseurs en tirent moins. La faîtière, Chasse Suisse, fait état d'environ 20'000 chamois abattus en 1994, contre 11'650 en 2015.

En collaboration avec les services cantonaux de la faune, elle a pris en décembre des mesures concrètes pour préserver les populations du capriné. La pression due à la chasse est un facteur significatif, dit le papier de position commun. Il peut même être "déterminant" selon le quota de tir et combiné à un hiver rigoureux. Une chasse inadaptée est pointée du doigt.

Point de non-retour

C'est le cas à Fribourg: 30% des spécimens présents sur le territoire ouvert à la chasse ont été tirés, alors qu'on vise 15 à 20%. Et trop de mâles reproducteurs sont tués, dit Elias Pesenti, ce qui déséquilibre la population.

Leurs cornes bien développées font d’eux une cible privilégiée des chasseurs, tandis que les femelles ayant un petit doivent être préservées et les cabris ont naturellement les plus faibles chances de survie.

Les consignes fédérales préconisent d'abattre un tiers de jeunes (moins de 2 ans), un tiers de mâles adultes (dès 2 ans) et un tiers de femelles adultes (dès 2 ans). M. Pesenti concède que le canton a été trop laxiste. Les autorités doivent impérativement adapter le plan de tir pour l'automne, car un "point de non-retour" a été atteint.

Corriger le tir

Tirer de manière plus sélective serait une solution, en veillant à l'âge et au sexe des ongulés, suggère l'expert. Le Valais envisage d'introduire une mesure similaire. Une proposition sera faite fin avril lors de l'assemblée de la fédération valaisanne des sociétés de chasse, dit Peter Scheibler, chef du service cantonal de la chasse. Le Valais n'a longtemps pas respecté la "règle des trois tiers", d'après Elias Pesenti.

Le taux d'accroissement annuel du chamois est relativement faible, d'environ 15%, explique Frédéric Hofmann, inspecteur de la chasse du canton de Vaud. Sa population se stabilise sur le long terme. Les quotas de tir doivent ainsi être fixés chaque année, de manière flexible, selon les "circonstances locales et actuelles". L'objectif est de préserver une structure d'âge et sociale la plus naturelle possible, font valoir la faîtière et les services cantonaux.

Quotas par zone

Fribourg pourrait résoudre le problème en instaurant des quotas maximaux selon les régions. Si c'est une première dans le canton, elle est déjà appliquée ailleurs, comme Vaud. Dans les Alpes, le quota fixé est à 180, à 32 dans le Jura et à 10 en plaine.

Vaud a même interdit la chasse dans les zones protégées en 2007. Le but est, entre autres, de créer des populations "réservoir" capables de recoloniser d'autres secteurs, précise l'inspecteur cantonal. Dans le canton de Berne, deux zones de gestion ont été fermées à la chasse au chamois l'an dernier en raison d'un fort recul des effectifs, affirme Niklaus Blatter, inspecteur cantonal de la chasse.

En Valais, si la population est relativement stable depuis plusieurs années sur tout le territoire cantonal (21'000 en 2015), on observe une diminution locale parfois importante du cheptel, comme dans la vallée de Conches. Le tir du capriné y est dorénavant soumis à des restrictions. Le Valais abrite le plus grand nombre de chamois après les Grisons (24'000).

Causes multiples

Si la chasse est un facteur prépondérant de la baisse des effectifs de l'ongulé, les causes sont toujours multiples, tient à souligner Reinhard Schnidrig, chef de la section faune sauvage et biodiversité en forêt de l'Office fédéral de l'environnement. Un avis partagé par les offices cantonaux de chasse et faune.

Dans les Grisons, la raréfaction du chamois se constate plutôt en basse altitude, estime l'inspecteur cantonal de la chasse Georg Brosi. Les maladies ou les hivers rigoureux ont une influence notable sur la population ainsi que, dans une moindre mesure, la réduction de son habitat due aux loisirs.

Et bien sûr, les grands prédateurs. Le loup et le lynx participent à la régulation naturelle des effectifs de chamois et à leur dispersion au sein d'une région, rendant le capriné moins facile à chasser, explique Frédéric Hofmann.

L'an dernier, les nemrods n'ont prélevé que 19 des 32 chamois prévus dans le plan de tir dans le Jura vaudois, région de prédilection du lynx. En 2013, le canton de Vaud avait cependant conclu que la nuisance du félin pour le cheptel était faible. Une étude en ce sens est à l'oeuvre dans le canton de Berne, qui compte plus de 13'000 chamois.

Chasseurs et cantons estiment qu'il faut tenir compte des effectifs du lynx en établissant les plans de tir. Le félin a une raison d'être et a droit aux proies comme le chasseur.

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ATS